Le lissage de prêts : une mensualité globale constante, construite par paliers
Le lissage ajuste les échéances du prêt principal pour que la somme payée chaque mois ne varie pas, malgré la fin plus rapide des prêts courts qui l’accompagnent.
Un lissage ne rachète rien : il organise plusieurs prêts mis en place ensemble pour que leur somme mensuelle reste identique du premier au dernier mois. Le prêt court — prêt employeur, prêt à taux zéro, prêt épargne logement — se rembourse à son rythme. Le prêt principal, lui, est calculé en deux paliers : une échéance réduite tant que l’autre prêt court, puis une échéance plus élevée ensuite.
01 Sans lissage 837,92 € sur le prêt principal, plus 131,41 € sur le prêt employeur pendant dix ans +
02 Avec lissage 782,24 € sur le principal pendant dix ans, puis 913,65 € quand le prêt employeur est soldé +
Hypothèses : prêt principal de 150 000 € sur 240 mois à 3,08 %, taux moyen des prêts à l’habitat à taux fixe publié par la Banque de France en mai 2026, et prêt employeur de 15 000 € sur 120 mois à 1,00 %.
Comment se construit un palier de lissage, échéance par échéance
Le prêteur fixe d’abord la mensualité globale visée, puis en déduit l’échéance du prêt principal à chaque palier : la somme des deux lignes ne bouge pas.
Le calcul part de la mensualité globale, pas du prêt principal. Dans l’exemple ci-dessus, la cible est 913,65 €. Pendant les dix premières années, le prêt employeur en prend 131,41 € : il reste 782,24 € pour le prêt principal. À partir de la cent vingt et unième échéance, le prêt principal absorbe la totalité, soit 913,65 €. Le capital du prêt principal s’amortit donc plus lentement au début, et plus vite ensuite.
Le lissage coûte 2 406,33 € de plus, et voici ce qu’il achète
La régularité se paie : 2 406,33 € de coût total supplémentaire sur vingt ans, contre 55,68 € de mensualité en moins pendant les dix premières années.
Le lissage se justifie quand la mensualité non lissée des premières années dépasse la capacité du budget, ou quand elle fait franchir le seuil de taux d’endettement accepté par le prêteur. Sans cette contrainte, il coûte de l’argent pour un confort.
Deux chiffres, jamais l'un sans l'autre : ce que vous paierez chaque mois, et ce que l'opération coûte en tout. Vous verrez immédiatement ce que chaque année de durée en plus vous prend.
Lissage de prêts ou rachat de crédits : le tableau des différences
Le lissage se signe avec l’offre initiale, chez le prêteur qui finance. Le rachat se signe plus tard, chez un autre établissement, avec une nouvelle garantie et une nouvelle assurance.
Les deux montages baissent la mensualité, mais ils ne s’emploient ni au même moment ni avec les mêmes conséquences.
Le lissage se décide au montage, le rachat de crédits se décide après
Un lissage suppose que les prêts soient mis en place ensemble par le même établissement ; passé ce moment, la seule voie reste le réaménagement ou le rachat.
Le lissage n’est pas rattrapable une fois les offres signées. Il suppose des prêts mis en place ensemble, chez le même établissement, avec un tableau d’amortissement construit dès l’origine. Après coup, seuls deux chemins restent ouverts : le réaménagement négocié avec sa banque, qui prend la forme d’un avenant, et le rachat par un tiers. La première voie consiste à obtenir un avenant de renégociation auprès de sa banque, et elle n’emporte ni garantie ni assurance nouvelles.
Quand un lissage ne suffit plus et qu’un regroupement prend le relais
Le lissage n’agit que sur des prêts déjà lissables entre eux ; dès que des crédits à la consommation souscrits ailleurs pèsent sur le budget, seul un regroupement les traite.
Un lissage ne peut rien contre des crédits souscrits ailleurs, à des dates différentes. C’est précisément le cas le plus fréquent : un prêt immobilier chez sa banque, puis des crédits à la consommation contractés au fil des années chez des prêteurs spécialisés. Aucun palier ne relie ces contrats entre eux. Le regroupement, lui, les solde et les remplace, sous réserve des critères qui font accepter un dossier de regroupement.
Le rachat partiel : ne racheter que les crédits qui coûtent cher
Sur un dossier de 153 900 €, laisser courir le prêt immobilier à 1,25 % et ne reprendre que les 35 900 € de crédits à la consommation coûte 61 922,38 € de moins au total.
Aucun prêteur n’écrira jamais qu’il vaut mieux lui confier la moitié du dossier plutôt que la totalité. C’est pourtant le résultat du calcul dès qu’un prêt immobilier ancien porte un taux très inférieur aux conditions du jour.
Voir les cinq crédits du dossier et les hypothèses du calcul+
| Crédit en cours | Capital restant dû | Taux | Échéances restantes | Mensualité | Source | Date |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Prêt immobilier | 118 000 € | 1,25 % | 204 | 642,36 € | Hypothèse Reductis | 20/08/2026 |
| Prêt travaux | 12 600 € | 4,80 % | 52 | 268,86 € | Hypothèse Reductis | 20/08/2026 |
| Prêt personnel | 18 200 € | 6,10 % | 64 | 333,85 € | Hypothèse Reductis | 20/08/2026 |
| Réserve d’argent | 2 900 € | 19,20 % | 36 | 106,60 € | Hypothèse Reductis | 20/08/2026 |
| Réserve d’argent | 2 200 € | 19,20 % | 36 | 80,87 € | Hypothèse Reductis | 20/08/2026 |
| Total | 153 900 € | — | — | 1 432,54 € | Calcul Reductis | 20/08/2026 |
01 Tout regrouper sur vingt ans 153 900 € repris à 4,38 %, part immobilière de 76,7 %, garantie hypothécaire +
02 Ne reprendre que la consommation 35 900 € repris à 6,26 % sur dix ans, prêt immobilier laissé en place +
03 Ne rien faire Cinq crédits menés à leur terme +
La règle de tri, crédit par crédit
Trois critères s’appliquent ligne par ligne : le taux comparé à celui du regroupement envisagé, la durée restante, et le poids de la ligne dans la mensualité globale.
Le tri se fait sur le tableau de vos crédits, ligne par ligne, avant toute simulation.
- 1Le taux : un crédit dont le taux est inférieur à celui du regroupement envisagé se garde, sauf besoin impérieux de trésorerie.
- 2La durée restante : à moins d’un an de la fin, l’intégrer revient à réétaler un capital presque remboursé.
- 3Le poids dans la mensualité : reprendre trois petites lignes ne change rien au budget du mois.
Le montage qui consiste à reprendre seulement les crédits les plus chers se chiffre exactement comme un regroupement total : mêmes hypothèses, deux résultats.
Les crédits qu’on garde presque toujours
Un prêt à taux bonifié, un prêt en fin de course et un prêt assorti d’une assurance souscrite jeune se conservent : aucun regroupement n’en retrouvera l’équivalent.
Trois lignes sortent du périmètre dans presque tous les dossiers. Le prêt à taux bonifié ou aidé, dont on ne retrouvera jamais les conditions. Le prêt en fin de course, dont il ne reste que du capital. Le prêt assorti d’une assurance souscrite à un âge où elle coûtait peu. À l’inverse, une réserve d’argent à 19,20 % se reprend toujours : faire racheter une réserve d’argent est le geste qui rapporte le plus sur un petit capital.
La durée qui donne la plus petite mensualité est presque toujours celle qui coûte le plus cher. Posez vos chiffres, et voyez l'écart réel entre les deux en euros — c'est l'argument le plus solide face à un conseiller.
L’allongement de la durée d’un regroupement, dit en euros
Sur les 35 900 € de crédits à la consommation du dossier, passer de sept à quatorze ans divise presque la mensualité par deux et ajoute 10 414,32 € au coût total.
La contrepartie du regroupement n’est pas le taux, c’est la durée. Trois durées, un seul capital, le même taux de 6,26 %.
La formule imposée aux publicités dit la même chose en une ligne : un regroupement de crédits allonge la durée de remboursement et augmente le coût total du crédit. Les 35 900 € repris coûtent aujourd’hui 42 096,10 € menés à leur terme.
Baisser la mensualité sans allonger la durée : les deux seuls leviers
Sortir du périmètre les crédits déjà bon marché, et faire baisser le TAEG par une délégation d’assurance : ce sont les deux façons de gagner de la mensualité sans acheter du temps.
Deux leviers agissent sans toucher à la durée. Le premier est le tri : chaque ligne laissée dehors réduit le capital repris, donc la mensualité du nouveau prêt. Le second est le TAEG, dans lequel entrent les frais de dossier, la garantie et l’assurance : une assurance déléguée moins chère fait baisser l’ensemble. Ces deux leviers se combinent, et ils se chiffrent avant la signature, pas après.
La durée maximale d’un regroupement dépend du régime, pas d’un texte
Aucun article ne plafonne la durée d’un regroupement : les barèmes s’arrêtent plus tôt en régime consommation qu’en régime immobilier, et l’assurance emprunteur borne la fin du prêt.
Le code de la consommation ne fixe aucune durée maximale à un regroupement de crédits. La borne vient du barème du prêteur, plus courte sans garantie immobilière, et du contrat d’assurance emprunteur qui limite l’âge en fin de prêt. Le détail des plafonds publiés par les établissements figure sur la page qui dit les durées maximales accordées sur un regroupement.
Le seuil de 60 % d’immobilier décide du régime et du plafond de taux
Au-delà de 60 % de part immobilière dans le capital repris, le regroupement relève du crédit immobilier : le délai légal et le plafond d’usure changent tous les deux.
Dans le dossier de cette page, la part immobilière atteint 76,7 % si l’on regroupe tout : l’opération devient un crédit immobilier aux yeux de la loi. Les articles L.314-11 et R.314-18 du code de la consommation fixent le seuil, consultables sur Légifrance. Deux conséquences concrètes en découlent.
Une hypothèque fait basculer l’opération, quelle que soit la part immobilière
L’article L.314-12 alinéa 2 du code de la consommation produit le même effet que le seuil de 60 % dès qu’une garantie hypothécaire est prise, même sur des crédits à la consommation seuls.
La garantie suffit à changer le régime, sans qu’aucun prêt immobilier soit repris. C’est le sens de l’article L.314-12 alinéa 2 du code de la consommation. Un regroupement de crédits à la consommation garanti par une inscription hypothécaire sur le logement relève donc du crédit immobilier : dix jours de réflexion, plafond d’usure immobilier, et frais de notaire à l’entrée.
Le plafond d’usure n’est pas le même des deux côtés du seuil
À 59 % de part immobilière, le dossier reste borné par les 8,56 % de la consommation. À 60 %, il relève des plafonds immobiliers, plus bas, qui dépendent de la durée retenue.
Passer le seuil fait baisser le plafond légal, et le taux proposé suit le même mouvement. Un dossier à 59 % de part immobilière reste borné par les 8,56 % applicables au crédit à la consommation au 3ᵉ trimestre 2026. Le même dossier à 60 % relève de plafonds immobiliers compris entre 4,07 % et 5,29 % selon la durée. Quelques milliers d’euros de crédit à la consommation ajoutés ou retirés du périmètre peuvent donc déplacer tout le barème.
Lissage, rachat total ou rachat partiel : décider avec trois chiffres
Capital restant dû total, coût total restant à payer, coût total du montage envisagé : si le troisième dépasse le deuxième sans que le budget l’exige, l’opération ne se justifie pas.
Le test se fait à la calculatrice, en trois chiffres, avant tout rendez-vous. Additionnez les capitaux restants dus, additionnez les coûts totaux restants, puis comparez au coût total du montage proposé. L’écart obtenu est le prix de la respiration mensuelle.
La mensualité actuelle dépasse la capacité du foyer : le regroupement se défend, même avec un surcoût, parce qu’il évite l’incident de paiement.
Une ligne à 19,20 % se reprend toujours : c’est le poste où le gain est immédiat et mesurable.
À moins de deux ans de la fin, le réétalement ajoute des intérêts pour un soulagement de courte durée.
Les frais entrent dans la comparaison au même titre que les intérêts : les frais à intégrer au coût total se chiffrent poste par poste avant de trancher.
Trois situations où le regroupement de crédits se défend
Une mensualité qui dépasse la capacité du budget, des réserves d’argent à taux élevé, et un incident de paiement à éviter : dans ces trois cas, le surcoût s’assume.
Le surcoût n’est pas un argument contre l’opération quand le budget ne tient plus. Un mois de retard entraîne des frais, puis une inscription au fichier des incidents de remboursement, dont les conséquences durent des années. Une mensualité ramenée dans la capacité du foyer vaut alors plusieurs milliers d’euros de coût total en plus. La décision se prend sur le reste à vivre calculé après regroupement, pas sur l’écart de taux.
Deux situations où le regroupement coûte plus qu’il ne rapporte
Des crédits qui se terminent dans moins de deux ans, et un ensemble déjà financé à bas taux : dans ces deux cas, l’opération ajoute des frais sans changer le quotidien.
Deux configurations rendent l’opération inutile, et elles se repèrent en dix minutes. La première : des crédits à moins de deux ans de leur terme, dont les échéances ne contiennent presque plus d’intérêts. La seconde : un ensemble déjà financé à bas taux, comme le prêt immobilier à 1,25 % de cette page, qu’un regroupement remplacerait par de la dette à 4,38 %. Dans les deux cas, le rachat partiel reste la seule option qui garde un sens.
Le taux d'endettement est un ratio ; le reste à vivre est une somme d'argent. C'est lui qui dit si le mois passe, et c'est le premier chiffre qu'un prêteur regarde. Nous le calculons avant et après l'opération.
Questions fréquentes
Le lissage de prêts se facture-t-il en plus ?+
Il ne fait pas l’objet d’une ligne de frais distincte : c’est une façon de construire le tableau d’amortissement, demandée au moment de l’offre. Ce qui se facture, ce sont les frais de dossier habituels du prêt. En revanche, le lissage augmente légèrement le coût total, puisque le capital s’amortit plus lentement au début.
Peut-on lisser des prêts souscrits à des dates différentes ?+
En pratique, non. Le lissage suppose des prêts mis en place ensemble par le même établissement, avec un plan d’amortissement construit dès l’origine. Pour des crédits contractés au fil des années chez plusieurs prêteurs, les seules voies restantes sont le réaménagement négocié avec sa banque et le rachat par un tiers.
Combien de crédits faut-il au minimum pour un rachat de crédits ?+
Les barèmes relevés le 15 août 2026 demandent le plus souvent au moins deux lignes à reprendre, et certains n’en exigent aucune quand une trésorerie complémentaire accompagne l’opération. Ce qui compte, c’est le capital restant dû total, jamais la somme des mensualités restantes.
Peut-on inclure un découvert bancaire dans un regroupement de crédits ?+
Le découvert autorisé est repris par la plupart des établissements, au même titre qu’une réserve d’argent ou qu’un paiement en plusieurs fois. Restent dehors, presque partout : les dettes professionnelles, les amendes et les pensions alimentaires. Les dettes familiales reconnues et les retards d’impôts dépendent, eux, du prêteur.
Y a-t-il des pénalités si je solde un crédit conso par anticipation ?+
Aucune indemnité n’est due en dessous de 10 000 € remboursés sur douze mois glissants. Au-delà, elle est plafonnée à 1 % du capital remboursé par l’article L.312-34 du code de la consommation, et à 0,5 % si la durée restante est inférieure à un an. Ce texte change de rédaction le 20 novembre 2026.
Qui rembourse mes anciens crédits une fois les fonds débloqués ?+
Le nouveau prêteur verse directement aux anciens créanciers : l’argent ne transite pas par votre compte, sauf pour la part de trésorerie complémentaire s’il y en a une. Réclamez ensuite une lettre de solde à chaque organisme, et vérifiez que les prélèvements ont bien cessé.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Banque de France — Taux moyens des crédits aux particuliers de mai 2026 — prêts à l’habitat à taux fixe 3,08 %, habitat toutes durées 3,21 %, crédits à la consommation amortissables 6,53 % (20 août 2026)
- 2Banque de France — Seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026 — crédit à la consommation au-delà de 6 000 € : 8,56 % ; crédit immobilier : 4,07 % en dessous de dix ans, 4,57 % de dix à vingt ans, 5,29 % à vingt ans et plus (20 août 2026)
- 3Légifrance — Code de la consommation — articles L.314-11 et R.314-18 (seuil de 60 % de part immobilière), L.314-12 alinéa 2 (bascule par la garantie hypothécaire), L.312-19 (rétractation de quatorze jours), L.313-34 (dix jours de réflexion), L.312-34 (indemnité de remboursement anticipé, nouvelle rédaction applicable au 20 novembre 2026) (20 août 2026)
- 4Empruntis — Taux relevés en juillet 2026 : 6,26 % sur un rachat de crédits à la consommation, 4,38 % sur un rachat de crédit immobilier (17 août 2026)
- 5Pratique de marché — Conditions d’entrée relevées sur les barèmes de regroupement — au moins deux crédits à reprendre le plus souvent, périmètre des dettes reprises et exclues (15 août 2026)
- 6Calcul Reductis — Lissage — prêt principal de 150 000 € sur 240 mois à 3,08 % et prêt employeur de 15 000 € sur 120 mois à 1,00 % : 913,65 € constants sur vingt ans contre 969,33 € puis 837,92 € sans lissage, soit 2 406,33 € de coût total en plus. Rachat partiel — dossier de 153 900 € dont 118 000 € de prêt immobilier à 1,25 % : 1 012,20 € par mois et 242 928,00 € au total en regroupant tout à 4,38 % sur 240 mois, contre 1 058,72 € par mois et 181 005,62 € au total en ne reprenant que 35 900 € de crédits à la consommation à 6,26 % sur 120 mois (20 août 2026)