Renégociation ou rachat par une autre banque : le coût de chaque poste sur 189 040 € restant dû
Un avenant ne coûte que ses frais d’avenant ; le rachat par un concurrent additionne 3 875,32 € d’indemnité, 2 835,60 € de garantie neuve, 1 000 € de dossier et 205 € de mainlevée, soit 7 915,92 €.
Les deux voies donnent le même résultat visible, une mensualité plus basse, et pas la même facture. La renégociation se traite chez le prêteur d’origine, par avenant : le contrat vit, seules ses conditions changent. Le rachat se traite chez un concurrent, qui solde l’ancien prêt. Aucune des deux ne se confond avec un regroupement de crédits, qui réunit plusieurs prêts en un seul : la renégociation ne porte que sur un prêt, et se traite avec la banque qui l’a consenti.
L’identité de l’emprunteur pèse autant que le montage : lorsque le prêt est au nom d’une société civile, racheter un prêt immobilier en nom propre ou en SCI ne suit pas le même circuit de décision.
Voir le décompte des deux voies, poste par poste+
| Poste | Avenant chez sa banque | Rachat par une autre banque | Source (date) |
|---|---|---|---|
| Indemnité de remboursement anticipé | 0 € — aucun remboursement anticipé | 3 875,32 €, un semestre d’intérêts | Art. R.313-25 c. conso (17/08/2026) |
| Garantie | 0 € — celle en place suit le contrat | 2 835,60 €, hypothèse d’une hypothèque à 1,5 % | Art. 844, 1647 et 881 H CGI · relevé Meilleurtaux (17/08/2026) |
| Mainlevée de l’ancienne hypothèque | Sans objet | 205 € : 150 € HT d’émolument, TVA comprise, plus 25 € de droit fixe | Art. A.444-141 c. com. · art. 844 CGI (17/08/2026) |
| Frais du prêteur | Frais d’avenant, tarif libre | 1 000 € de frais de dossier | Hypothèse de calcul (18/08/2026) |
| Total | Les seuls frais d’avenant | 7 915,92 € | Calcul Reductis (18/08/2026) |
L’indemnité de remboursement anticipé est plafonnée au plus faible de deux calculs
Un semestre d’intérêts, 3 875,32 €, ou 3 % du capital, 5 671,19 € : le prêteur retient le montant le plus bas.
L’indemnité est plafonnée par l’article R.313-25 du code de la consommation : ici le semestre d’intérêts, 3 875,32 €, est inférieur aux 3 % du capital, 5 671,19 €. La mainlevée, elle, relève d’un forfait et non d’un pourcentage du capital.
Pourquoi la mainlevée coûte-t-elle un forfait et non un pourcentage ?+
L’émolument du notaire suit deux paliers, 78 € HT jusqu’à 77 090 € inscrits et 150 € HT au-delà, selon l’article A.444-141 du code de commerce ; le décompte complet figure sur les frais de mainlevée d’hypothèque.
Le tarif d’un avenant se demande par écrit avant toute négociation
Aucun texte n’oblige une banque à consentir un avenant ni ne plafonne son prix : c’est un accord, pas un droit.
La renégociation est un accord, pas un droit : le prêteur peut refuser sans motiver, et il fixe librement ses frais d’avenant. Le tarif se demande donc par écrit d’emblée. L’arbitrage entre rachat ou renégociation de crédit se joue sur ce seul écart de facture.
Côté rachat, une caution évite l’inscription, ses taxes et la mainlevée future : le choix hypothèque ou caution pèse ici plusieurs milliers d’euros.
Frais de dossier, courtage, garantie : le total avant signature, et ce que ces frais vous coûtent en plus quand ils sont financés. Aucune somme ne peut vous être demandée avant le déblocage des fonds.
Le dossier chiffré : 189 040 € restant dû à 4,10 %, renégociés à 3,21 % ou rachetés à 3,08 %
L’avenant fait gagner 20 267,96 € et le rachat externe 17 392,44 € sur la durée restante : la voie la moins chère en taux est la plus chère au total, à cause de ses 7 915,92 € de frais.
Le dossier suivi ici : un prêt de 210 000 € souscrit sur 300 mois à 4,10 %, dont il reste 189 039,83 € et 252 échéances. Tout est refaisable à la calculatrice.
Voir les hypothèses chiffrées du dossier+
- Prêt de 210 000 € sur 300 mois à 4,10 %, mensualité de 1 120,09 € hors assurance.
- 48 échéances payées : 189 039,83 € restant dû, 252 échéances restantes.
- Avenant à 3,21 %, taux moyen des crédits à l’habitat de mai 2026 : hypothèse haute, une banque consentant rarement le taux de sa production nouvelle sur un avenant.
- Rachat externe à 3,08 %, taux moyen à l’habitat à taux fixe du même relevé.
- Durée et assurance inchangées, frais réglés comptant.
Ne rien faire, renégocier à 3,21 % ou faire racheter à 3,08 % : les trois coûts totaux
282 262,68 € en laissant le prêt courir, 261 994,72 € avec un avenant, 264 870,24 € avec un rachat par une autre banque.
01 Ne rien faire et payer le prêt jusqu’à son terme 282 262,68 € +
1 120,09 € par mois pendant 252 mois, à 4,10 %. Aucun frais, aucune démarche : c’est la référence à battre.
02 Renégocier avec sa banque, par avenant à 3,21 % 261 994,72 € +
260 104,32 € d’échéances, plus 1 890,40 € de frais d’avenant, soit 1 % du capital restant dû.
- 1 032,16 € par mois, 87,93 € de moins
- Gain : 20 267,96 €
- Point d’équilibre : 22 échéances
03 Faire racheter son prêt par une autre banque, à 3,08 % 264 870,24 € +
256 954,32 € d’échéances, plus 7 915,92 € de frais.
- 1 019,66 € par mois, 100,43 € de moins
- Gain : 17 392,44 €
- Point d’équilibre : 79 échéances
Le taux le plus bas donne le coût total le plus élevé : 3,08 % coûtent plus cher que 3,21 %
Les 12,50 € de mensualité gagnés en plus par le concurrent pèsent 3 150 €, quand ses frais en coûtent 6 025,52 € de plus.
Calcul Reductis, vérifié le 18 août 2026. Le taux le plus bas donne le coût total le plus élevé : les 12,50 € de mensualité gagnés en plus par le concurrent pèsent 3 150 € sur 252 échéances, quand ses frais en coûtent 6 025,52 € de plus. Une simulation de rachat de crédit immobilier chiffre les deux trajectoires côte à côte.
Deux chiffres, jamais l'un sans l'autre : ce que vous paierez chaque mois, et ce que l'opération coûte en tout. Vous verrez immédiatement ce que chaque année de durée en plus vous prend.
Les 3 conditions de rentabilité d’une renégociation de prêt immobilier ne figurent dans aucun texte
Un point d’écart de taux, 70 000 € de capital restant dû et le premier tiers de la durée : ces trois repères circulent partout, aucun ne vient d’une loi, et le dossier chiffré plus haut les contredit.
Trois conditions sont couramment présentées comme les règles du jeu. Aucune n’est écrite dans le code de la consommation, dans un arrêté ou dans une décision d’autorité : ce sont des repères de marché, volontairement prudents.
Cet écart couvre les 7 915,92 € de frais du rachat externe sur 252 échéances. Pour l’avenant, 0,08 point suffit.
Les frais sont en majorité proportionnels au capital et baissent avec lui. Seule leur part fixe réclame du volume.
Sur ce prêt de 300 mois, le rachat externe reste gagnant jusqu’au 210ᵉ mois. Le premier tiers s’arrête au 100ᵉ.
Un dossier qui rate les trois repères de rentabilité peut rester gagnant
Ces repères sont conservateurs : ils garantissent la rentabilité quand ils sont remplis, ils ne l’excluent pas quand ils ne le sont pas.
Calcul Reductis, 18 août 2026. Ces repères sont conservateurs : un dossier qui les remplit est presque toujours rentable. L’inverse est faux. Un dossier qui les rate peut l’être tout autant, comme ici, où l’écart de taux de l’avenant plafonne à 0,89 point.
Le point d’équilibre en mois : 22 échéances pour un avenant, 79 pour un rachat par une autre banque
Les frais divisés par la baisse de mensualité donnent le nombre d’échéances nécessaires pour les rembourser : au-delà, chaque mois est un gain net ; en deçà, l’opération a coûté de l’argent.
Le critère qui tranche est une division : frais ÷ baisse de mensualité = nombre d’échéances pour rentrer dans ses frais.
Sur un prêt de 189 040 € à 4,10 %, la banque d’origine reste moins chère quel que soit l’horizon
Il faudrait 482 échéances au concurrent pour rattraper l’avenant, quand il n’en reste que 252 : le seuil qui inverse le résultat est un taux de 2,96 %.
Calcul Reductis, 18 août 2026. La troisième ligne conclut le dossier : il faudrait 482 échéances au concurrent pour rattraper l’avenant, quand il n’en reste que 252. Sur ce prêt, la banque d’origine reste moins chère quel que soit l’horizon. Le seuil qui inverserait le résultat se chiffre : 2,96 %, le taux auquel le concurrent égale un avenant à 3,21 %.
Une revente au bout de trois ans efface le gain d’un rachat par une autre banque
Le point d’équilibre suppose de rester dans le prêt : un avenant remboursé en 22 échéances résiste à une revente, un rachat externe à 79 non.
- 1Le point d’équilibre suppose de rester dans le prêt. Une revente au bout de trois ans efface le gain d’un rachat externe, jamais celui d’un avenant remboursé en 22 échéances.
- 2Le taux affiché n’est pas le prix payé. Seul le TAEG se compare, et il reste plafonné par les seuils de l’usure : 4,57 % de 10 à 20 ans, 5,29 % au-delà, selon la Banque de France.
Un rachat de crédit immobilier qui embarque d’autres crédits obéit à la même règle : les frais montent, le point d’équilibre recule.
La durée qui donne la plus petite mensualité est presque toujours celle qui coûte le plus cher. Posez vos chiffres, et voyez l'écart réel entre les deux en euros — c'est l'argument le plus solide face à un conseiller.
Comment renégocier son prêt immobilier : les 5 étapes de la demande à la signature de l’avenant
Relever le capital restant dû et le taux d’origine, chiffrer le point d’équilibre, obtenir une offre concurrente écrite, la présenter à sa banque, puis vérifier l’avenant.
L’ordre compte : une offre concurrente écrite est le seul argument qui fait bouger un avenant.
- 1Relevez le capital restant dû, le taux d’origine et les échéances restantes. Les trois figurent sur le tableau d’amortissement, communiqué sur demande. La mensualité seule ne permet aucun calcul.
- 2Calculez votre point d’équilibre avant d’appeler qui que ce soit. Frais estimés divisés par la baisse de mensualité espérée. S’il dépasse les échéances restantes, l’opération est perdante.
- 3Demandez une offre écrite à un établissement concurrent. Elle porte le taux, la durée, les frais de dossier et le coût de la garantie. C’est la pièce qui donne du poids à la demande suivante.
- 4Présentez cette offre à votre banque et demandez le tarif de l’avenant par écrit. Deux chiffres suffisent : le nouveau taux et le montant des frais. Un accord verbal ne se compare à rien.
- 5Vérifiez l’avenant ligne à ligne avant de le signer. Nouveau taux, durée, échéancier, frais et maintien de l’assurance en cours. Une durée allongée sans le dire annule le gain.
Le rachat par une autre banque impose dix jours de réflexion, l’avenant se signe aussitôt
L’offre de prêt d’un concurrent ne peut être acceptée avant le onzième jour suivant sa réception, quand un avenant prend effet dès l’accord des deux parties.
Les délais diffèrent. L’avenant se signe dès l’accord des deux parties. Le rachat externe passe par une offre de prêt, avec le délai de réflexion de dix jours de l’article L.313-34 du code de la consommation : l’acceptation intervient au plus tôt le onzième jour. Ce formalisme n’est pas une formalité : l’offre de prêt immobilier éditée par la banque qui rachète porte le taux, la durée, le coût total et l’échéancier, et engage le prêteur sur ces conditions.
Dernier réflexe : comparer les deux propositions sur le TAEG, pas sur le taux nominal.
Questions fréquentes
Comment renégocier son prêt au Crédit Immobilier de France ?+
La démarche ne dépend pas de l’enseigne. Aucun texte n’oblige un prêteur à consentir un avenant : la demande s’adresse par écrit au service qui gère le prêt, tableau d’amortissement à l’appui. En cas de refus, le rachat par un autre établissement reste ouvert.
Peut-on encore renégocier un prêt immobilier souscrit au Crédit Foncier ?+
Le Crédit Foncier n’accorde plus aucun prêt depuis février 2019 et ses encours sont gérés par BPCE Solutions Crédit, selon MoneyVox, relevé le 13 août 2026. La demande d’avenant s’adresse donc au gestionnaire de l’encours. Le rachat par un autre établissement, lui, obéit aux règles habituelles.
Une banque a-t-elle le droit de refuser une renégociation de prêt immobilier ?+
Oui, et sans motiver son refus. Modifier un contrat en cours suppose l’accord des deux parties : l’avenant est une négociation, pas un droit. La réponse utile est alors de chiffrer le rachat externe, dont les 7 915,92 € de frais se comparent au gain attendu.
Combien de fois peut-on renégocier un crédit immobilier ?+
Aucun texte ne limite le nombre d’avenants. La limite est économique : chaque renégociation coûte des frais que la baisse de mensualité doit rembourser. Ici, 1 890,40 € de frais exigent 22 échéances. Renégocier deux fois en dix-huit mois ne laisse pas le temps de rentrer dans ses frais.
Renégocier son taux de prêt immobilier au Crédit Agricole se fait-il au niveau national ?+
Non. Le groupe compte 39 Caisses régionales couvrant les 101 départements, chacune fixant ses conditions, d’après son annuaire officiel relevé le 13 août 2026. La demande se dépose auprès de la Caisse qui détient le prêt : taux et frais d’avenant varient de l’une à l’autre.
Vaut-il mieux baisser sa mensualité ou raccourcir la durée de son prêt immobilier ?+
Les deux se négocient dans le même avenant. À 3,21 % et durée inchangée, le dossier chiffré ici gagne 20 267,96 €. En gardant la mensualité de 1 120,09 €, le prêt se solde en 225 échéances au lieu de 252 et le gain monte à 28 352,03 €, sans soulager le budget.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Banque de France — Crédits aux particuliers, mai 2026 — taux effectifs moyens : habitat 3,21 %, habitat à taux fixe 3,08 % (17 août 2026)
- 2Banque de France — Seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026 — crédit immobilier 4,07 % en dessous de 10 ans, 4,57 % de 10 à 20 ans, 5,29 % à 20 ans et plus (17 août 2026)
- 3Légifrance — Article R.313-25 du code de la consommation — indemnité de remboursement anticipé en crédit immobilier, plafonnée à un semestre d’intérêts au taux moyen du prêt sans dépasser 3 % du capital restant dû ; pris pour l’application de l’article L.313-47 (17 août 2026)
- 4Légifrance — Article A.444-141 du code de commerce, tableau 5 numéros 131 à 134 — émolument forfaitaire de mainlevée d’inscription hypothécaire : 78 € hors taxes jusqu’à 77 090 € de créance inscrite, 150 € hors taxes au-delà (17 août 2026)
- 5Légifrance — Article 844 du code général des impôts — taxe de publicité foncière de 0,70 % sur l’inscription d’hypothèque, portée à 0,715 % par le prélèvement de l’article 1647, et droit fixe de 25 € sur la mainlevée ; article 881 H — contribution de sécurité immobilière de 0,05 % (17 août 2026)
- 6Légifrance — Article L.313-34 du code de la consommation — délai de réflexion de dix jours, acceptation au plus tôt le onzième jour, offre maintenue trente jours (10 août 2026)
- 7Relevé Reductis — Frais d’hypothèque annoncés par Meilleurtaux : 1,5 à 2 % du capital — valeur basse retenue dans le dossier chiffré (août 2026)
- 8Relevé Reductis — Trois repères de rentabilité relevés sur les pages traitant de la renégociation de prêt immobilier — écart de taux, capital restant dû, position dans la durée ; aucun des trois ne figure dans un texte (18 août 2026)
- 9MoneyVox — Fin du Crédit Foncier : plus aucun octroi depuis février 2019, encours gérés par BPCE Solutions Crédit (13 août 2026)
- 10Crédit Agricole — Annuaire officiel des Caisses régionales — « la liste des 39 Caisses régionales de Crédit Agricole, couvrant les 101 départements français » (13 août 2026)
- 11Calcul Reductis — Dossier type de 210 000 € sur 300 mois à 4,10 %, 189 039,83 € restant dû après 48 échéances : trois trajectoires chiffrées, quatre postes de frais, points d’équilibre de 22 et 79 échéances, taux d’équilibre du rachat externe à 2,96 % (18 août 2026)