Sur un CDD ou une mission d’intérim, le prêteur mesure la durée déjà travaillée
L’analyse porte sur la régularité du parcours — durée cumulée, absence de trous entre les contrats, volume d’heures — plutôt que sur la nature du contrat en cours.
Un intérimaire qui enchaîne les missions depuis plusieurs années chez la même agence présente un revenu plus prévisible qu’un salarié fraîchement embauché en contrat à durée indéterminée. C’est cette lecture-là que fait l’analyste.
Aucun établissement ne publie de seuil chiffré d’ancienneté pour ce profil, et les grilles varient d’un prêteur à l’autre. Ce qui se prépare, en revanche, ce sont les pièces qui rendent le parcours lisible.
Les 4 pièces qui prouvent la continuité d’un parcours en intérim
Relevés de missions, attestations d’agence, bulletins de paie et avis d’imposition des trois dernières années racontent le parcours mieux qu’une lettre.
- 1Les relevés de missions délivrés par l’agence, sur la période la plus longue possible.
- 2Une attestation de l’agence de travail temporaire, indiquant l’ancienneté et le volume d’heures.
- 3Les bulletins de paie des douze derniers mois, mission par mission.
- 4Les avis d’imposition des trois dernières années, qui lissent les variations.
Un revenu annuel stable sur trois avis d’imposition dit exactement ce que le contrat ne dit pas. La liste complète des pièces d’un dossier figure sur la page documents à réunir pour un rachat de crédit.
Le CDI intérimaire garantit une rémunération mensuelle minimale entre deux missions
Ce contrat à durée indéterminée signé avec l’agence comporte obligatoirement le montant du revenu garanti pendant les périodes sans mission.
Le CDI intérimaire garantit une rémunération mensuelle minimale, y compris entre deux missions, et ce montant est écrit dans le contrat. Fournir ce contrat, et non un simple relevé de missions, change la lecture du dossier.
Quel texte organise le CDI intérimaire ?+
Les articles L.1251-58-1 et suivants du code du travail. Le contrat peut comporter des périodes sans exécution de mission, assimilées à du temps de travail effectif pour l’ancienneté et les congés payés.
Où lire la rémunération minimale garantie ?+
Dans le contrat lui-même : l’article L.1251-58-2 impose qu’il mentionne le montant de la rémunération mensuelle minimale garantie.
Les prêteurs regardent trois chiffres avant tout : votre taux d'endettement, votre reste à vivre et le montant qui reste dû. Nous les calculons ensemble, sur vos montants, et nous vous disons franchement si le dossier tient.
Les allocations France Travail comptent en complément d’un revenu, pas à la place
Une allocation est par nature un revenu à durée déterminée : elle est retenue en appoint d’un revenu principal, rarement comme seule ressource du dossier.
La question est posée dans presque tous les dossiers, et la réponse honnête tient en une phrase : une allocation ne remplace pas un revenu d’activité aux yeux d’un prêteur, parce qu’elle a une date de fin connue.
Deux éléments comptent alors, et ils se documentent : la durée de droits restants au jour du dépôt, et le montant net versé chaque mois. Les deux figurent sur l’attestation de paiement délivrée par France Travail.
Pôle emploi s’appelle France Travail depuis le 1ᵉʳ janvier 2024
Le changement de nom résulte de la loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi.
Le détail a son importance quand on constitue un dossier : les justificatifs demandés portent aujourd’hui cette dénomination, et les attestations éditées avant 2024 restent valables sous l’ancien nom.
La durée de droits restants se lit sur l’attestation de paiement
Un dossier déposé avec six mois de droits restants ne se lit pas comme un dossier déposé avec deux ans devant soi.
Joindre cette attestation évite une question et une relance. Quand l’allocation est la seule ressource du foyer, les voies ouvertes sont différentes, et elles sont détaillées sur la page rachat de crédit quand on est sans emploi.
L’assurance perte d’emploi protège la mensualité, pas l’emploi
Cette garantie facultative prend en charge tout ou partie de l’échéance après un licenciement, et elle se souscrit au moment du regroupement, jamais après le coup dur.
Le sujet est absent de la plupart des pages consacrées aux contrats courts, alors qu’il concerne d’abord ce lecteur. Trois choses sont à savoir avant de cocher la case.
Une garantie perte d’emploi s’ajoute au contrat d’assurance emprunteur au moment du regroupement, pas au moment du licenciement.
La prise en charge porte sur tout ou partie de la mensualité, pendant une durée limitée fixée au contrat.
Conditions, délais et exclusions varient d’un contrat à l’autre : la notice d’information les liste, article par article.
Le coût s’ajoute à celui de l’assurance décès-invalidité et se lit dans le TAEG. Le fonctionnement général du contrat est expliqué sur la page garanties de l’assurance emprunteur.
Carence et franchise : deux délais qui ne se déclenchent pas au même moment
La carence court après la souscription et suspend la garantie ; la franchise court après la perte d’emploi et retarde le premier versement.
La confusion entre les deux coûte cher. La carence se compte à partir de la signature : pendant cette période, la garantie n’a pas encore d’effet. La franchise se compte à partir du jour où l’on perd son emploi : elle diffère le premier versement.
Perdre son emploi peu après la signature ne déclenche donc généralement rien. Les durées exactes sont propres à chaque contrat et figurent dans la notice d’information.
La fin d’un CDD n’est pas un licenciement, et c’est le licenciement qui est couvert
Un contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance du terme, en application de l’article L.1243-5 du code du travail.
Voilà le point qui manque au marché, et il est décisif pour ce lecteur. Une garantie perte d’emploi vise la perte d’emploi consécutive à un licenciement. Or l’article L.1243-5 du code du travail dispose que le contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance de son terme.
Fin de CDD, fin de mission d’intérim, démission, rupture de période d’essai : ces situations ne sont pas des licenciements. Avant de souscrire, lisez la liste des exclusions de la notice et vérifiez que votre situation y figure ou non.
Frais de dossier, courtage, garantie : le total avant signature, et ce que ces frais vous coûtent en plus quand ils sont financés. Aucune somme ne peut vous être demandée avant le déblocage des fonds.
Période d’essai : attendre la confirmation écrite avant de déposer un dossier
Pendant l’essai, employeur et salarié peuvent rompre le contrat sans motif : deux à quatre mois de patience valent mieux qu’un refus enregistré.
L’article L.1221-19 du code du travail fixe la durée maximale de la période d’essai d’un contrat à durée indéterminée. Elle est de deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre mois pour les cadres.
Le geste utile est simple et il ne coûte rien : demander la confirmation écrite de fin de période d’essai, puis déposer. Le sujet est traité en détail sur la page rachat de crédit en période d’essai.
Combien coûte un regroupement de crédits en CDD ou en intérim
Un profil jugé plus risqué se paie par un taux plus élevé, mais le TAEG reste plafonné par le seuil de l’usure du trimestre.
Sur 14 600 € repris en 84 mois, la mensualité va de 222,83 € au taux moyen du marché à 237,62 € au plafond légal, assurance comprise.
Voir le calcul complet, du taux moyen au plafond de l’usure+
Le calcul en clair
Hypothèses. 14 600 € de crédits repris, frais de dossier de 1 % financés dans l’opération, durée de 84 mois, assurance à 0,30 % par an du capital initial. Mensualités constantes, taux mensuel proportionnel.
Au taux moyen du marché, soit 6,53 % relevé par la Banque de France sur la consommation amortissable en mai 2026 : mensualité de 222,83 € assurance comprise, coût total de 18 718,06 €.
Au plafond légal, soit 8,56 % pour le 3ᵉ trimestre 2026 : mensualité de 237,62 € assurance comprise, coût total de 19 960,08 €.
Cet écart est la fourchette réelle de discussion. Il se réduit avec un co-emprunteur en poste, des relevés sans incident, ou une durée ajustée au juste besoin.
Le TAEG ne peut pas dépasser le plafond d’usure du trimestre, quel que soit le contrat
8,56 % sur un crédit à la consommation de plus de 6 000 € au 3ᵉ trimestre 2026 : au-delà, l’offre est illicite.
C’est une protection que personne n’explique à ce lecteur. Le seuil de l’usure se calcule à partir du taux effectif moyen du trimestre précédent, majoré d’un tiers, en application de l’article L.314-6 du code de la consommation. Les seuils applicables sont détaillés sur la page taux pratiqués sur un rachat de crédit.
Allonger la durée baisse la mensualité et augmente le coût total
C’est le seul levier qui agit immédiatement sur l’échéance, et le seul dont le prix se lit uniquement sur le montant total dû.
Sur un contrat court, la tentation d’allonger est forte, parce que le reste à vivre est serré. La règle de lecture reste la même : comparer le gain mensuel au surcoût total avant de signer, et non après.
Deux chiffres, jamais l'un sans l'autre : ce que vous paierez chaque mois, et ce que l'opération coûte en tout. Vous verrez immédiatement ce que chaque année de durée en plus vous prend.
Quand aucun prêteur n’instruit la demande : report d’échéance, délai de grâce, surendettement
Trois voies existent hors du crédit : demander un report à ses prêteurs, saisir le juge d’un délai de grâce, ou déposer un dossier de surendettement.
- 1Le report d’échéance — se demande par écrit à chaque prêteur, avant le premier impayé.
- 2Le délai de grâce — le juge peut reporter ou échelonner le paiement dans la limite de deux années, en application de l’article 1343-5 du code civil.
- 3Le dossier de surendettement — dépôt gratuit, recevabilité décidée dans un délai de trois mois.
Ces démarches sont détaillées sur la page procédure de surendettement. Aucune d’elles n’est payante, et aucune ne passe par un intermédiaire.
Questions fréquentes
Combien de temps d’ancienneté faut-il en intérim pour un rachat de crédit ?+
Aucun seuil n’est publié, et les grilles varient d’un prêteur à l’autre. Ce qui est examiné, c’est la continuité : missions enchaînées sans trou, volume d’heures régulier, revenu stable sur trois avis d’imposition. Ces pièces valent mieux qu’une durée annoncée.
Un CDD de six mois peut-il suffire ?+
Rarement à lui seul, souvent avec un historique. Un premier CDD isolé donne peu de visibilité ; une succession de contrats chez le même employeur, avec des renouvellements documentés, se lit tout autrement. Le co-emprunteur en poste reste le levier le plus efficace.
L’assurance perte d’emploi est-elle obligatoire ?+
Non, c’est une garantie facultative de l’assurance emprunteur. Elle s’ajoute au coût de l’opération et se lit dans le TAEG. Avant de la souscrire, vérifiez dans la notice d’information que votre situation ne figure pas parmi les exclusions.
La rupture conventionnelle est-elle couverte par une garantie perte d’emploi ?+
Cela dépend du contrat, et la notice d’information est le seul document qui fait foi. Ces garanties visent en principe la perte d’emploi consécutive à un licenciement. Lisez la liste des exclusions avant de signer, et demandez-la par écrit si elle ne vous a pas été remise.
Le CDI intérimaire est-il considéré comme un CDI ?+
C’est juridiquement un contrat à durée indéterminée, signé avec l’entreprise de travail temporaire. Il comporte une rémunération mensuelle minimale garantie entre les missions, mentionnée au contrat. Fournir ce document permet à l’analyste de le lire comme tel.
Peut-on emprunter avec l’allocation chômage comme seul revenu ?+
C’est très rare, parce qu’une allocation a une date de fin connue. Trois voies restent ouvertes : présenter un co-emprunteur en poste, proposer une garantie réelle si l’on est propriétaire, ou passer par un dispositif hors crédit comme le délai de grâce.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Légifrance — Article L.1243-5 du code du travail — le contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance de son terme (19 août 2026)
- 2Légifrance — Articles L.1251-58-1 à L.1251-58-8 du code du travail — contrat de travail à durée indéterminée intérimaire, périodes sans exécution de mission, mention obligatoire de la rémunération mensuelle minimale garantie (19 août 2026)
- 3Légifrance — Loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi — transformation de Pôle emploi en France Travail au 1ᵉʳ janvier 2024 (19 août 2026)
- 4Légifrance — Article L.1221-19 du code du travail — période d’essai d’un contrat à durée indéterminée : 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres (19 août 2026)
- 5Banque de France — Taux effectifs moyens des crédits aux particuliers, mai 2026 — 6,53 % sur la consommation amortissable ; seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026 — 8,56 % au-delà de 6 000 € (17 août 2026)
- 6Légifrance — Article L.314-6 du code de la consommation — définition du seuil de l’usure ; article 1343-5 du code civil — délai de grâce accordé par le juge, dans la limite de deux années (17 août 2026)
- 7Banque de France — Détail de la procédure de surendettement — dépôt du dossier en ligne ou par courrier, secrétariat de la commission assuré par la Banque de France, recevabilité décidée dans un délai de trois mois (15 août 2026)
- 8Reductis — Calcul publié sur cette page — mensualités constantes selon m = C × t ÷ (1 − (1+t)^−n), taux mensuel proportionnel, assurance à 0,30 % par an du capital initial, frais de dossier de 1 % financés dans l’opération, hypothèses affichées avant le résultat (19 août 2026)