Une pension d’invalidité compte-t-elle comme un revenu pour un prêteur ?
Oui, et le plus souvent à 100 % : la pension d’invalidité est un revenu de remplacement pérenne, versé sans terme fixé à l’avance.
C’est ce qui la distingue d’une allocation chômage, servie pour une durée bornée. Un analyste la lit comme une pension de retraite : stable, justifiable par une notification de caisse.
Ce n’est donc presque jamais le crédit qui bloque, c’est l’assurance. Le comprendre tôt évite de chercher trois mois au mauvais endroit.
Première, deuxième ou troisième catégorie : la capacité de travail reconnue change le dossier
La catégorie ne mesure pas la gravité du handicap, elle mesure la capacité de travail qui reste reconnue.
En première catégorie, une activité réduite reste possible : le dossier additionne pension et salaire. En deuxième, l’activité est juridiquement possible mais rarement retenue comme durable. En troisième, l’assistance d’un tiers est nécessaire.
Aucune banque n’écrit cette lecture dans ses conditions, et c’est pourtant elle que fait l’analyste.
Taux d’endettement et reste à vivre sur un budget d’invalidité
Le reste à vivre se regarde avant le taux d’endettement : un foyer à 38 % avec 1 400 € qui restent passe mieux qu’un foyer à 33 % avec 600 €.
Le calcul en clair
Hypothèses : 1 180 € de pension de deuxième catégorie, 760 € de salaire à mi-temps, quatre crédits pour 1 010 € de mensualités, calcul du 20 août 2026.
Avant : 1 010 / 1 940 = 52 % d’endettement, 930 € de reste à vivre. Après regroupement sur 132 mois à 6,90 % : 612 € de mensualité, soit 32 % et 1 328 € de reste à vivre.
Le seuil de 35 % est une recommandation du Haut Conseil de stabilité financière, dont les regroupements sont exclus : c’est le reste à vivre retenu après un regroupement de crédits qui décide.
Revenus fonciers retenus à 70 %, pensions versées comptées en charge : les conventions réelles, que la plupart des simulateurs oublient. Vous saurez de combien vous dépassez, ou ce qu'il vous reste de marge.
Combien verse une pension d’invalidité, catégorie par catégorie
De 338,31 € à 1 201,50 € en première catégorie, jusqu’à 2 002,50 € en deuxième, et jusqu’à 3 300,95 € en troisième avec la majoration pour tierce personne.
C’est le premier chiffre dont un emprunteur a besoin, et il figure rarement ailleurs.
Montants publiés par service-public.fr, revalorisés au 1ᵉʳ avril. Joignez la notification de votre caisse : elle porte la catégorie et le caractère révisable ou définitif de la pension, deux informations qu’un relevé bancaire ne donne pas.
La majoration pour tierce personne n’est pas un revenu d’emprunteur
Elle finance une aide humaine : elle sort du budget aussi vite qu’elle y entre, et les prêteurs l’écartent presque toujours du revenu retenu.
Une somme affectée à la rémunération d’un tiers ne renforce pas la capacité de remboursement : elle est déjà dépensée. Les prêteurs la traitent comme la prestation de compensation du handicap.
Sortez-la vous-même de votre calcul avant toute simulation.
L’AAH est-elle prise en compte par les organismes de rachat de crédit ?
Aucun texte n’interdit à un prêteur de retenir l’allocation aux adultes handicapés ; en pratique, la plupart l’écartent ou la pondèrent fortement.
Le montant d’abord : 1 041,59 € à taux plein au 1ᵉʳ avril 2026, fixé par le décret n° 2026-229 du 30 mars 2026. La réponse honnête tient en trois points.
Aucun texte ne défend à un établissement de retenir l’AAH dans les revenus d’un dossier.
C’est un minimum social, largement insaisissable : la plupart des établissements l’écartent ou la pondèrent.
Un salaire de conjoint ou une pension d’invalidité change la lecture plus que le montant de l’allocation.
La seule voie fiable reste l’étude du dossier complet, avec les critères d’acceptation appliqués à un dossier de regroupement.
Insaisissable ne veut pas dire interdite au calcul
Une prestation insaisissable ne peut pas être prélevée en cas d’impayé : le prêteur qui la compte prête sur une ressource qu’il ne pourra pas récupérer.
Ce n’est pas une interdiction, c’est un calcul de risque. Deux établissements peuvent donc répondre différemment sur le même dossier.
Présentez l’ensemble des ressources du foyer, pas la seule allocation : c’est le total qui déclenche l’étude.
PCH et AEEH : les prestations affectées qui ne comptent pas dans les revenus
La prestation de compensation du handicap et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé financent une aide ou un matériel : elles sont affectées.
Elles améliorent le quotidien sans améliorer la capacité d’emprunt : elles sortent du budget aussitôt entrées.
Reconstituez votre revenu retenu avant de simuler : pension, salaires, retraites, pensions alimentaires reçues.
Le vrai obstacle d’un rachat de crédit en invalidité, c’est l’assurance emprunteur
Un risque déjà réalisé ne s’assure plus : une personne déjà invalide ne peut pas être couverte pour l’invalidité, mais elle peut l’être pour le décès.
Quatre garanties structurent un contrat : le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’invalidité permanente, l’arrêt de travail temporaire. C’est sur les deux dernières que le dossier se tend.
L’assurance n’est obligatoire par aucun texte ; elle est exigée par le prêteur, libre d’accepter une couverture partielle. Le détail des garanties et exclusions d’une assurance de regroupement se lit avant de déposer.
Se couvrir sur le décès seul : la sortie que personne n’écrit
Quand l’invalidité est déjà reconnue, la garantie invalidité est sans objet ; beaucoup de prêteurs acceptent la seule garantie décès sur un regroupement de crédits à la consommation.
Deuxième levier, décisif en couple : réduire la quotité assurée sur la tête de l’emprunteur concerné et la porter sur le co-emprunteur.
Le calcul en clair
Hypothèses : 48 000 € regroupés sur 132 mois, assurance à 0,52 % du capital initial en couverture complète, 0,28 % en garantie décès seule, calcul du 20 août 2026.
Cotisation : 20,80 € contre 11,20 € par mois, soit 1 267 € d’écart sur la durée.
Surprime, exclusion ou refus : les trois réponses possibles de l’assureur
La surprime accorde le contrat en augmentant la cotisation, l’exclusion l’accorde sans couvrir la pathologie déclarée, le refus ouvre l’examen prévu par la convention AERAS.
Une surprime se compare sur le coût total, pas sur le mois. Une exclusion peut vider la garantie de son sens. Un refus n’est jamais le mot de la fin.
C’est la pièce qui déclenche l’examen de deuxième puis de troisième niveau, et celle qu’un autre assureur consultera.
Deux chiffres, jamais l'un sans l'autre : ce que vous paierez chaque mois, et ce que l'opération coûte en tout. Vous verrez immédiatement ce que chaque année de durée en plus vous prend.
La convention AERAS : ce qu’elle vous donne, et ce qu’elle ne donne pas
C’est un droit à un examen approfondi en trois niveaux, avec une grille de pathologies et un écrêtement des surprimes — pas un droit à obtenir un crédit.
La convention est un accord entre l’État, les assureurs et les associations de malades. Elle organise le réexamen d’un dossier refusé au premier passage, en trois niveaux.
Le dernier suppose 420 000 € assurés au plus et une échéance avant le 71ᵉ anniversaire, selon la fiche AERAS du 10 février 2026. En crédit à la consommation, les seuils tombent à 50 ans, quatre ans et 17 000 €. La grille de référence liste les pathologies assurables au tarif normal : réclamez-la avant d’accepter une majoration.
Loi Lemoine : plus de questionnaire de santé, à deux conditions cumulatives
Part assurée inférieure ou égale à 200 000 € par personne et remboursement achevé avant le 60ᵉ anniversaire : les deux ensemble, jamais l’une sans l’autre.
Les deux conditions réunies, l’état de santé n’est pas demandé : il ne peut donc justifier ni refus, ni surprime, ni exclusion. La règle figure dans la fiche questionnaire de santé et assurance emprunteur, écrite le 14 novembre 2025.
Le dispositif vise les crédits immobiliers. Un regroupement basculé sous ce régime par une hypothèque (article L.314-12 alinéa 2 du code de la consommation) se vérifie auprès de l’assureur, mention écrite à l’appui.
Le droit à l’oubli ne couvre pas une invalidité en cours
Il dispense de déclarer certaines pathologies passées cinq ans après la fin du protocole, sans rechute, pour un contrat s’achevant avant 71 ans.
Une invalidité reconnue est une situation actuelle, pas un antécédent : elle se déclare.
La mauvaise nouvelle arrive alors quand la garantie devait jouer, et la dette reste entière pour la famille. Conservez une copie du questionnaire signé.
Les leviers qui font accepter un rachat de crédit en invalidité
Le co-emprunteur, la garantie hypothécaire, la suppression des réserves d’argent et une durée calée sur l’âge maximal de l’assureur pèsent plus que le montant de la pension.
Aucune loi ne fixe de limite d’âge pour emprunter : la borne vient de l’âge maximal en fin de prêt accepté par l’assureur. Les réserves d’argent reprises dans un regroupement pèsent double dans une analyse, et leur suppression est le levier le plus rapide.
L’objet doit rester précis : ramener la mensualité au niveau du nouveau revenu, pas dégager de la trésorerie. Réunissez les pièces d’un dossier de rachat de crédit, notification de caisse comprise.
Cinq questions, l'estimation affichée à l'écran, et vos coordonnées seulement si vous décidez d'aller plus loin. Rien ne vous est facturé, à aucun moment.
Questions fréquentes
Combien touche-t-on en invalidité de 2e catégorie ?+
Entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois, soit 50 % du salaire annuel moyen des dix meilleures années, dans la limite du plafond en vigueur au 1ᵉʳ avril 2026 (service-public.fr).
La pension d’invalidité est-elle prise en compte pour un crédit ?+
Oui, et le plus souvent à 100 %. C’est un revenu de remplacement pérenne, versé sans terme fixé à l’avance. La notification de la caisse, précisant la catégorie, est la pièce qui l’atteste.
Peut-on emprunter avec l’AAH ?+
Aucun texte ne l’interdit, mais la plupart des établissements écartent l’allocation aux adultes handicapés du revenu retenu, ou la pondèrent. C’est un choix de risque lié à son caractère insaisissable, pas une règle de droit.
Peut-on s’assurer quand on est déjà en invalidité ?+
Pas pour l’invalidité elle-même : le risque est déjà réalisé. La garantie décès reste accessible, avec questionnaire de santé et parfois une surprime, et beaucoup de prêteurs l’acceptent seule sur un regroupement de crédits.
Y a-t-il un âge limite pour un rachat de crédit ?+
Aucune loi n’en fixe. La limite vient de l’assureur, à travers l’âge maximal en fin de prêt qu’il accepte de couvrir. C’est cette borne qui détermine la durée maximale de votre regroupement.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Service-public.fr — Pension d’invalidité — montants des trois catégories au 1ᵉʳ avril 2026, de 338,31 € à 1 201,50 € en 1ʳᵉ catégorie, de 338,31 € à 2 002,50 € en 2ᵉ, de 1 636,76 € à 3 300,95 € en 3ᵉ ; base de calcul de 30 % et 50 % du salaire annuel moyen des dix meilleures années (20 août 2026)
- 2Légifrance — Décret n° 2026-229 du 30 mars 2026 — allocation aux adultes handicapés portée à 1 041,59 € à taux plein au 1ᵉʳ avril 2026 (20 août 2026)
- 3economie.gouv.fr — Convention AERAS — trois niveaux d’examen, 420 000 € d’encours assuré au plus et échéance avant 71 ans en crédit immobilier, seuils de 50 ans, quatre ans et 17 000 € en crédit à la consommation, grille de référence et écrêtement des surprimes (20 août 2026)
- 4economie.gouv.fr — Assurance emprunteur et questionnaire de santé — dispense soumise à deux conditions cumulatives, part assurée inférieure ou égale à 200 000 € par personne et remboursement achevé avant le 60ᵉ anniversaire, loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (20 août 2026)
- 5Légifrance — Article L.314-12 alinéa 2 du code de la consommation — une garantie hypothécaire fait basculer un regroupement sous le régime du crédit immobilier (20 août 2026)
- 6HCSF (economie.gouv.fr) — Décisions D-HCSF-2021-7 et D-HCSF-2023-2 — taux d’effort de 35 % assurance comprise, recommandation dont les opérations de regroupement de crédits sont exclues (20 août 2026)