Les mêmes textes qu’en métropole dans les DOM, un régime à part dans le Pacifique
Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion appliquent le code de la consommation à l’identique. La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française relèvent d’un régime propre, et alimentent le même fichier d’incidents.
La première question d’un emprunteur ultramarin est de savoir si les protections du code de la consommation le couvrent : dans les départements d’outre-mer, la réponse est oui, sans réserve.
L’IEDOM exerce les missions de la Banque de France dans les départements d’outre-mer
L’institut d’émission des départements d’outre-mer assure la continuité territoriale en matière monétaire par délégation de la Banque de France.
L’IEDOM dispose d’agences en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il y tient le secrétariat des commissions de surendettement, met en œuvre le droit au compte et donne accès aux fichiers d’incidents de paiement. La présentation de ses missions a été lue sur iedom.fr le 20 août 2026.
Concrètement, un dossier déposé à Saint-Denis ou à Pointe-à-Pitre suit la même procédure qu’un dossier déposé à Lille. Le choix entre un regroupement et une commission de surendettement et rachat de crédit se pose donc dans les mêmes termes.
Un fichage prononcé à Nouméa ou à Papeete remonte au fichier national
Les établissements de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie déclarent leurs incidents de paiement à la Banque de France, et la commission locale informe l’institut d’émission d’outre-mer.
C’est le point que presque personne n’écrit, et il décide de l’issue de beaucoup de dossiers. Les articles L.771-4 à L.771-7 du code de la consommation, lus le 20 août 2026, imposent une déclaration à la Banque de France. Elle vise les incidents de remboursement enregistrés par les établissements de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie, et elle ne peut pas être facturée à la personne concernée.
Autrement dit, un fichage FICP tenu par la Banque de France suit l’emprunteur, qu’il déménage de Nouméa à Bordeaux ou l’inverse. Le fichier est unique.
Les prêteurs regardent trois chiffres avant tout : votre taux d'endettement, votre reste à vivre et le montant qui reste dû. Nous les calculons ensemble, sur vos montants, et nous vous disons franchement si le dossier tient.
Ne reprendre que les crédits chers : la démonstration sur un dossier de 32 000 €
Sur cinq crédits totalisant 32 000 €, garder le prêt auto et le prêt travaux fait économiser 2 174 € par rapport à un regroupement complet, contre une mensualité plus lourde les premiers mois.
Un prêteur n’a aucun intérêt à vous dire qu’il vaut parfois mieux ne pas tout lui confier. Le dossier type retenu ici compte cinq lignes, 32 000 € de capital et 1 138,65 € de mensualités.
01 Tout regrouper 32 000 € repris sur 84 mois à 6,53 %. Mensualité de 475,65 €, stable pendant sept ans. +
02 Garder le prêt auto 27 200 € repris sur 84 mois. 755,57 € pendant quatorze mois, puis 404,30 €. +
03 Ne reprendre que les lignes chères 20 000 € repris sur 84 mois. 836,42 € pendant quatorze mois, 485,15 € jusqu’au 42ᵉ, puis 297,28 €. +
Le regroupement complet coûte 2 792,62 € de plus que de ne rien faire, et libère 662,99 € par mois. Les deux autres montages rendent une partie de ce surcoût, si le budget encaisse les quatorze premiers mois. C’est l’arbitrage d’un rachat portant sur une partie seulement de ses crédits.
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| Hypothèse | Valeur | Source | Date |
|---|---|---|---|
| Taux du regroupement | 6,53 % | Taux moyen des crédits à la consommation amortissables, Banque de France, mai 2026 | 20/08/2026 |
| Durée retenue | 84 mois | Durée courante des barèmes de regroupement | 20/08/2026 |
| Frais et assurance | Exclus des trois scénarios | Calcul Reductis | 20/08/2026 |
| Méthode | Mensualités constantes, taux mensuel proportionnel | Calcul Reductis | 20/08/2026 |
La règle de tri, crédit par crédit : taux, durée restante, poids dans la mensualité
Trois critères s’appliquent ligne à ligne sur le tableau de ses crédits, et ils suffisent à décider ce qui entre dans l’opération.
Le tri se fait sur trois questions, posées à chaque crédit.
Un crédit moins cher que le regroupement envisagé se garde. Le reprendre revient à remplacer de la dette bon marché par de la dette chère.
À moins d’un an de la fin, l’intégrer revient à réétaler un capital presque remboursé.
Reprendre trois petites lignes ne change rien au budget du mois.
Les réserves d’argent à taux élevé sortent gagnantes de ce tri dans presque tous les dossiers.
Les crédits qu’on garde presque toujours
Un prêt bonifié, un prêt en fin de course et un prêt assorti d’une assurance souscrite jeune se conservent, sauf si leur mensualité fait sauter le budget.
Trois cas se règlent en une phrase. Le prêt à taux bonifié ou aidé, dont on ne retrouvera pas l’équivalent. Le prêt en fin de course, dont il ne reste presque que du capital. Le prêt assorti d’une assurance souscrite à un âge où elle coûtait peu.
Un seul motif justifie de reprendre malgré tout un crédit à bon taux : quand sa mensualité, à elle seule, fait sauter le budget.
La durée qui donne la plus petite mensualité est presque toujours celle qui coûte le plus cher. Posez vos chiffres, et voyez l'écart réel entre les deux en euros — c'est l'argument le plus solide face à un conseiller.
Un budget ultramarin supporte mal l’allongement, parce que les prix y sont plus élevés
Les prix à la consommation dépassent de 8,9 % à 15,8 % ceux de la métropole, et de 30,2 % à 41,8 % sur l’alimentaire : le reste à vivre exigé doit être calculé sur ces bases.
Un même reste à vivre en euros n’achète pas la même chose à Fort-de-France et à Nantes. C’est la donnée que les grilles nationales ignorent, et elle change la lecture d’un dossier ultramarin.
De 8,9 % à 15,8 % de prix en plus, jusqu’à 41,8 % sur l’alimentaire
L’écart de prix avec la métropole va de 8,9 % à La Réunion à 15,8 % en Guadeloupe, et il grimpe au-delà de 30 % sur les seuls produits alimentaires.
Ces écarts sont mesurés par l’enquête de comparaison spatiale des prix menée par l’INSEE en 2022. Le poste alimentaire pèse d’autant plus lourd que les produits importés représentent environ 60 % de la consommation.
Plus de 4 400 dossiers de surendettement déposés outre-mer en 2025
Les dépôts progressent de 20 % dans les territoires ultramarins de la zone euro et de 75 % dans le Pacifique, d’une année sur l’autre.
Le décryptage publié par l’IEDOM et l’IEOM le 3 mars 2026 recense plus de 4 400 dossiers déposés en 2025. La hausse atteint 20 % dans les territoires de la zone euro et 75 % dans le Pacifique. Le dépôt en ligne représente 37 % des demandes.
Avant d’allonger, testez trois choses : le tri des crédits à reprendre, la délégation d’assurance emprunteur, et le paiement comptant des frais de dossier plutôt que leur financement. Chacun réduit le coût total sans toucher à la mensualité. Le calcul du reste à vivre d’un budget ultramarin dit ensuite ce que le foyer peut réellement supporter.
Deux chiffres, jamais l'un sans l'autre : ce que vous paierez chaque mois, et ce que l'opération coûte en tout. Vous verrez immédiatement ce que chaque année de durée en plus vous prend.
Le plafond d’usure appliqué outre-mer est celui de la Banque de France
Les seuils de l’usure sont nationaux : 8,56 % au-delà de 6 000 € en crédit à la consommation au 3ᵉ trimestre 2026, quel que soit le territoire.
Aucun barème d’usure propre à l’outre-mer n’existe : les seuils publiés chaque trimestre par la Banque de France s’appliquent partout. Pour la période ouverte le 1ᵉʳ juillet 2026, ils s’établissent à 23,53 % jusqu’à 3 000 €, 15,67 % de 3 000 à 6 000 €, et 8,56 % au-delà de 6 000 € en crédit à la consommation. En crédit immobilier à taux fixe : 4,07 % sous 10 ans, 4,57 % de 10 à 20 ans, 5,29 % au-delà. Ces valeurs sont celles des seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026, lues le 20 août 2026.
Le plafond d’usure du trimestre en cours borne le taux annuel effectif global, frais et assurance compris. C’est la seule limite opposable au prix d’un regroupement, et les taux pratiqués sur un regroupement de crédits s’y mesurent.
Hypothéquer un bien outre-mer suppose un titre de propriété à jour
L’indivision successorale bloque une part importante du foncier ultramarin : sans titre clair, la garantie hypothécaire est impossible, et le montage bascule sur un regroupement sans garantie.
C’est l’obstacle propre à l’outre-mer, et il arrive avant toute question de taux. Un prêteur n’inscrit pas d’hypothèque sur un bien dont la propriété n’est pas établie. Or l’indivision successorale de longue durée y est fréquente : l’ANIL évalue à environ 40 % la part de la propriété privée concernée par une indivision bloquée dans ces territoires.
Sortir de l’indivision successorale à la majorité des droits, jusqu’au 31 décembre 2028
La loi du 27 décembre 2018 abaisse la règle de l’unanimité à la majorité des droits indivis pour vendre ou partager un bien issu d’une succession ouverte depuis plus de dix ans.
La loi n° 2018-1244 du 27 décembre 2018, présentée par l’ANIL, s’applique en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle vise les successions ouvertes depuis plus de dix ans et court jusqu’au 31 décembre 2028.
Le notaire notifie le projet à tous les indivisaires et le publie dans un journal d’annonces légales. Les opposants disposent de trois à quatre mois pour se manifester. Un droit de partage exonéré complète le dispositif.
Sans titre exploitable, le dossier se monte sans garantie réelle
Un regroupement sans hypothèque reste possible, avec des durées plus courtes et des plafonds de montant plus bas.
La conséquence pratique est claire, et il vaut mieux la connaître avant de perdre trois semaines. Sans titre de propriété exploitable, le rachat de crédit hypothécaire sur un bien ultramarin est hors de portée, et le dossier se monte comme celui d’un locataire.
Questions fréquentes
Est-ce qu’on peut faire un rachat de crédit depuis La Réunion ou la Guadeloupe ?+
Oui, dans les mêmes conditions qu’en métropole. Les cinq départements d’outre-mer sont dans la zone euro, le code de la consommation s’y applique en totalité, et les établissements spécialisés y instruisent des dossiers à distance. Les pièces demandées sont identiques.
C’est quoi l’IEDOM, et à quoi sert-il pour un dossier de crédit ?+
C’est l’institut d’émission des départements d’outre-mer. Il exerce les missions de banque centrale par délégation de la Banque de France : secrétariat des commissions de surendettement, droit au compte, accès aux fichiers d’incidents de paiement. Il ne prête pas et n’instruit aucun crédit.
Le taux d’usure est-il plus élevé outre-mer ?+
Non. Les seuils sont nationaux et publiés chaque trimestre par la Banque de France. Au 3ᵉ trimestre 2026, un crédit à la consommation de plus de 6 000 € ne peut pas dépasser 8,56 % de taux annuel effectif global, à Cayenne comme à Lille.
Un fichage FICP en Nouvelle-Calédonie se voit-il en métropole ?+
Oui. Les articles L.771-4 à L.771-7 du code de la consommation imposent aux établissements de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française de déclarer les incidents à la Banque de France. Le fichier est national, et un déménagement ne l’efface pas.
Faut-il tout regrouper, ou seulement une partie de ses crédits ?+
Cela dépend du taux et de la durée restante de chaque ligne. Sur notre dossier de 32 000 €, ne reprendre que les crédits chers économise 2 174 € au total, contre une mensualité plus lourde pendant quatorze mois. Le tri se fait crédit par crédit.
Peut-on hypothéquer une maison familiale en indivision ?+
Pas sans l’accord des indivisaires et un titre de propriété établi. La loi du 27 décembre 2018 permet, jusqu’au 31 décembre 2028, de vendre ou de partager à la majorité des droits pour les successions ouvertes depuis plus de dix ans. Un notaire chiffre la démarche.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1INSEE — Insee Première n° 1958 — enquête de comparaison spatiale des prix 2022 : écart de prix global de 8,9 % à La Réunion à 15,8 % en Guadeloupe, et de 30,2 % à 41,8 % sur les produits alimentaires (20 août 2026)
- 2ANIL — Loi n° 2018-1244 du 27 décembre 2018 — sortie de l’indivision successorale outre-mer à la majorité des droits indivis, successions ouvertes depuis plus de dix ans, dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2028 (20 août 2026)
- 3Banque de France — Seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026 — 23,53 % jusqu’à 3 000 €, 15,67 % de 3 000 à 6 000 €, 8,56 % au-delà ; crédit immobilier à taux fixe 4,07 %, 4,57 % et 5,29 % selon la durée (20 août 2026)
- 4IEDOM et IEOM — Décryptage commun — plus de 4 400 dossiers de surendettement déposés outre-mer en 2025, en hausse de 20 % dans la zone euro ultramarine et de 75 % dans le Pacifique, 37 % de dépôts en ligne (20 août 2026)
- 5IEDOM — Présentation des missions — continuité territoriale monétaire par délégation de la Banque de France, secrétariat des commissions de surendettement, droit au compte, accès aux fichiers d’incidents de paiement (20 août 2026)
- 6Légifrance — Articles L.771-4 à L.771-7 du code de la consommation — déclaration des incidents de remboursement à la Banque de France par les établissements de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie, sans frais pour la personne concernée (20 août 2026)
- 7Banque de France — Taux effectifs moyens de mai 2026 — 6,53 % sur les crédits à la consommation amortissables, taux retenu pour les trois scénarios de regroupement (20 août 2026)
- 8Calcul Reductis — Dossier type de 32 000 € en cinq crédits — mensualités et coûts totaux des trois montages sur 84 mois à 6,53 %, hors frais de dossier et hors assurance (20 août 2026)