Quels crédits garder hors du rachat, et pourquoi
Quatre familles de crédits se conservent presque toujours, et deux se rachètent en priorité.
Le tri ne se fait pas au feeling, il se fait sur deux chiffres : le taux du crédit et son capital restant dû. Un crédit dont le taux est inférieur à celui du regroupement proposé coûte plus cher racheté que laissé en place : le racheter revient à le refaire au prix d’aujourd’hui.
- 1Le prêt immobilier signé à taux bas. Le cas le plus coûteux à ignorer. Un prêt habitat à 1,25 % repris dans un regroupement à 4,38 %, c’est 3,13 points d’écart sur le capital restant dû, voir le calcul complet plus bas.
- 2Les prêts aidés : prêt à taux zéro, prêt d’accession sociale, prêt Action Logement, éco-PTZ. Les faire racheter les fait disparaître, et l’avantage ne se récupère pas. Le détail figure sur le rachat d’un prêt à taux zéro.
- 3Le crédit en fin de course. Sur les dernières échéances d’un prêt amortissable, on ne rembourse presque plus que du capital : il n’y a plus d’intérêts à économiser, et le racheter rallonge la dette pour rien.
- 4Le prêt famille ou employeur sans intérêt. Aucun taux à améliorer, et un prêteur ne le reprend de toute façon pas.
À l’inverse, deux lignes se reprennent presque toujours : le crédit renouvelable, parce que c’est le crédit le plus cher du marché et le seul qui se reconstitue tout seul. Les crédits amortissables au gros capital restant dû se reprennent aussi, parce que c’est là que l’écart de taux produit le plus d’euros.
Racheter une partie seulement des crédits à la consommation
Le rachat partiel ne se limite pas au choix du prêt immobilier : il joue aussi entre crédits conso.
On peut très bien ne reprendre que deux crédits à la consommation sur cinq. Le raisonnement est le même : on met dans l’opération la réserve renouvelable à 19 % et le prêt personnel à 7 % avec 11 000 € de capital restant dû. On laisse dehors le prêt auto à 2,9 % auquel il reste huit échéances. Le capital repris baisse, la durée aussi, et le coût total avec.
La limite est pratique : la plupart des prêteurs exigent au moins deux crédits en cours pour ouvrir un dossier de regroupement. Racheter une ligne isolée relève plutôt du remboursement anticipé financé par un prêt personnel. La grille de tri crédit par crédit à l’intérieur des seuls crédits conso est détaillée sur le rachat de crédit partiel côté conso.
Calcul à 6,26 %, taux relevé par Empruntis en juillet 2026 sur un regroupement de crédits à la consommation. Hors assurance et frais de dossier.
Le rachat partiel ne fait reprendre que les crédits plus chers que le regroupement
Un rachat partiel laisse en place les prêts moins chers que le regroupement proposé, et ne reprend que ceux qui coûtent davantage.
Un rachat de crédits solde des prêts en cours et les remplace par un seul. Rien n’oblige à tous les y faire entrer.
La règle tient en une ligne. Un crédit moins cher que le regroupement perd de l’argent à être repris, puisqu’il est refinancé plus cher et plus longtemps. Un crédit plus cher gagne à entrer.
Le périmètre des crédits repris se demande par écrit, crédit par crédit
Sans liste nominative, la demande porte sur la totalité des crédits déclarés.
Une demande formulée sans précision porte sur la totalité des crédits déclarés. Une reprise limitée s’obtient en donnant sa liste : tel prêt oui, tel prêt non. Choisir de racheter uniquement ses crédits à la consommation écarte d’office le prêt immobilier, et le tri se poursuit ensuite ligne par ligne entre le prêt personnel, le crédit auto et la réserve d’argent.
Le cas le plus fréquent : garder son prêt immobilier à taux bas, le calcul
Sur un dossier de 146 000 €, le rachat partiel des seuls crédits à la consommation coûte 165 879,08 €, contre 225 251,90 € en regroupant tout.
Foyer de 3 200 € nets par mois, quatre crédits en cours.
Voir les quatre crédits en cours, ligne par ligne+
| Crédit en cours | Capital restant dû | Taux | Échéances | Mensualité | Source (date) |
|---|---|---|---|---|---|
| Prêt immobilier | 118 000 € | 1,25 % | 192 | 678,41 € | Reductis (18/08/2026) |
| Prêt personnel | 14 200 € | 7,40 % | 54 | 309,97 € | Reductis (18/08/2026) |
| Crédit auto | 8 300 € | 6,90 % | 42 | 223,01 € | Reductis (18/08/2026) |
| Réserve d’argent | 5 500 € | 12,10 % | 60 | 122,62 € | Reductis (18/08/2026) |
| Total | 146 000 € | — | — | 1 334,01 € | — |
Payés jusqu’au bout, ces quatre prêts représentent 163 716,53 €, pour un endettement de 41,69 %.
Voir les hypothèses du calcul : taux, frais, indemnités+
- 4,38 % en rachat immobilier et 6,26 % en rachat de crédits à la consommation, taux relevés par Empruntis en juillet 2026.
- Frais de dossier et commission à 1 % chacun des deux côtés, indemnités de remboursement anticipé de 737,50 € et 225 €, frais financés, mensualités hors assurance.
Ne rien faire, tout regrouper, ne reprendre que la consommation : les trois montages chiffrés
Payer jusqu’au bout coûte 163 716,53 €, le rachat partiel 165 879,08 € et le regroupement complet 225 251,90 €.
01 Ne rien faire et payer chaque crédit jusqu’au bout 163 716,53 € +
Mensualité de 1 334,01 €. Aucun frais, mais plus aucun accès au crédit.
02 Tout regrouper : les quatre crédits sur 240 mois 225 251,90 € +
149 882,50 € empruntés à 4,38 %. Part immobilière de 79,22 % : régime du crédit immobilier.
- Mensualité : 938,55 €, endettement de 29,33 %
- TAEG de 4,790 %, sous le plafond de 5,29 %
- 61 535,37 € de plus que de ne rien faire
- Sur seize ans, son TAEG atteindrait 4,857 % : au-dessus du plafond, donc impossible
03 Rachat partiel : les 28 000 € de crédits à la consommation sur 84 mois 165 879,08 € +
28 785 € empruntés à 6,26 %. Le prêt immobilier continue à 1,25 %.
- Mensualité cumulée : 1 102,51 €, endettement de 34,45 %
- TAEG de 7,346 %, sous le plafond de 8,56 %
- 59 372,83 € de moins que le regroupement complet
163,96 € de mensualité en moins, achetés 59 372,83 €
Seul le regroupement complet ramène l’endettement sous 30 %, et cet écart de mensualité se paie 59 372,83 € de coût total.
Calcul Reductis, 18 août 2026. Seul le rachat complet ramène l’endettement sous 30 %, et cela se paie : 163,96 € de mensualité en moins, achetés 59 372,83 €.
Les deux baissent la mensualité, pas de la même façon ni au même prix. Comparez sur vos montants.
Un rachat partiel laisse deux prêteurs, deux prélèvements et deux dates d’échéance
Le crédit laissé de côté garde son contrat, son assurance et son prélèvement : le rachat partiel réduit le coût, pas le nombre de lignes.
Le regroupement total a un argument réel, et il n’est pas financier : une ligne, une date, un interlocuteur. C’est le seul point, dans tout ce à quoi sert l’opération, qu’un rachat partiel n’atteint pas : le gain est financier, jamais pratique.
Deux prélèvements, deux assurances et aucune trésorerie sur le prêt conservé
Le crédit laissé de côté garde son contrat, son assurance et sa date de prélèvement, et ne peut pas être rouvert pour dégager de la trésorerie.
678,41 € le 5 du mois et 424,10 € le 10, donc deux risques de rejet. Les prêteurs acceptent en général d’aligner la date.
L’assurance du prêt conservé continue aux conditions d’origine : un avantage si elle a été signée jeune, une ligne de plus à suivre.
Une demande de trésorerie ne porte que sur l’opération montée. Le prêt laissé dehors n’est pas rouvert.
34,45 % contre 29,33 % : le taux d’endettement reste plus haut après un rachat partiel
La mensualité du crédit conservé continue de peser dans le calcul, soit 5,12 points d’endettement de plus que le regroupement complet.
L’endettement reste aussi plus haut, 34,45 % contre 29,33 %. Vérifiez ce que devient le reste à vivre du foyer avant de figer la liste des crédits repris : c’est lui, et non le taux d’endettement seul, qu’un prêteur regarde en premier.
Un rachat partiel qui écarte le prêt immobilier reste sous le seuil des 60 %
Sans créance immobilière parmi les crédits repris, la part immobilière est nulle : l’opération reste un crédit à la consommation, avec 14 jours de rétractation.
Le régime dépend de la nature des crédits repris, pas de leur montant : l’opération bascule en crédit immobilier au-delà de 60 % de créances immobilières. Une opération qui écarte le prêt immobilier reste donc un crédit à la consommation.
Quels textes fixent ce seuil de 60 % ?+
L’article L.314-11 du code de la consommation, précisé par l’article R.314-18, soumet l’opération aux règles du crédit immobilier dès que la part des créances immobilières dépasse 60 % du montant total.
0 % ou 79,22 % de créances immobilières selon les crédits repris
Écarter le prêt immobilier ramène la part immobilière à zéro et maintient l’opération dans le régime du crédit à la consommation.
Régime de la consommation : 14 jours de rétractation, plafond de TAEG à 8,56 %.
118 737,50 ÷ 149 882,50. Seuil franchi : 10 jours de réflexion avant de signer, rien après.
Il faudrait porter l’opération à 197 895,83 €, soit 48 013,33 € de dettes en plus.
À l’inverse, un regroupement d’un prêt immobilier et de crédits à la consommation ouvre des durées plus longues, au prix d’une garantie.
Demander au même prêteur le chiffrage complet et le chiffrage partiel
Un même établissement étudie les deux listes de crédits sur le même dossier, et l’article R.314-20 du code de la consommation l’oblige à chiffrer le gain ou le surcoût.
Rien n’impose de choisir ses crédits à reprendre avant de consulter. Les pièces sont les mêmes, et aucune somme n’est réclamable avant le déblocage.
- 1Listez vos crédits avec leur capital restant dû et leur taux, pas leur mensualité. Un relevé de situation par crédit, demandé à chaque prêteur.
- 2Demandez les deux chiffrages dans la même demande, par écrit. « Un chiffrage sur la totalité, un chiffrage sur les seuls crédits à la consommation. » Sans cette phrase, une seule offre revient.
- 3Comparez sur le coût total et le TAEG, jamais sur le taux affiché. Les frais complets d’un rachat de crédit ne se lisent que là.
Le prêteur doit remettre un tableau confrontant vos crédits en cours au regroupement proposé
Les articles R.314-19 et R.314-20 du code de la consommation imposent un document qui chiffre le gain ou le surcoût de l’opération.
Les articles R.314-19 et R.314-20 du code de la consommation imposent ensuite au prêteur un tableau confrontant vos crédits en cours au regroupement proposé, avec le gain ou le surcoût chiffré.
Le même dossier passe ici et bloque là. Faites-le voir à plusieurs plutôt qu’à un seul.
Quand tout regrouper coûte moins cher qu’un rachat partiel ?
Trois situations retournent le calcul : un prêt immobilier signé au-dessus du taux de rachat, une mensualité conservée qui fait sauter le budget, un besoin de trésorerie élevé.
Trois configurations mettent le rachat partiel en défaut.
Un prêt à 4,80 % refinancé à 4,38 % gagne à entrer. Comparez le taux du contrat en cours au taux de rachat du moment.
Si le reste à vivre ne passe pas une fois le rachat partiel fait, reprendre moins de crédits ne résout rien. Le surcoût est le prix d’un budget tenable.
Les pages produit relevées le 10 août 2026 plafonnent le regroupement à 75 000 € chez BNP Paribas et LCL, 100 000 € chez Sofinco.
Un endettement très supérieur aux seuils d’acceptation ferme la voie du rachat partiel
Un prêteur laisse rarement une grosse mensualité de côté lorsque le taux d’endettement dépasse largement ses seuils.
Quand l’endettement dépasse largement les seuils d’acceptation, un prêteur laisse rarement une grosse mensualité dehors : le rachat de crédit immobilier complet redevient la piste.
Les sujets voisins, et ce qu’ils changent au dossier
Les pages ci-dessous traitent des cas très proches du sujet de cette page.
- 1Simulation de rachat de crédit consommation
- 2Rachat de crédit renouvelable
Posez vos chiffres : nos partenaires l’étudient et vous disent ce qui passe et ce qui coince. Rien ne vous est facturé.
Questions fréquentes
Est-ce qu’on peut faire racheter un seul crédit ?+
Rarement. Cetelem, CAFPI et Sofinco exigent au moins deux crédits en cours, ou un crédit et une dette, sur leurs pages produit relevées le 13 août 2026. Le rachat d’une ligne isolée relève plutôt du remboursement anticipé financé par un prêt personnel.
Est-ce que le prêteur peut m’imposer de reprendre tous mes crédits ?+
Il ne peut rien imposer, mais il peut refuser le dossier. Un établissement qui juge l’endettement résiduel trop élevé préférera financer l’ensemble. Le refus étant rarement motivé, c’est alors un autre prêteur qu’il faut interroger.
Est-ce qu’un rachat partiel fait vraiment baisser le taux d’endettement ?+
Oui, mais moins qu’un regroupement complet. Sur le dossier chiffré, il passe de 41,69 % à 34,45 %, contre 29,33 % en reprenant tout. Ces 5,12 points sont la contrepartie des 59 372,83 € économisés.
Est-ce qu’on peut demander de la trésorerie sur un rachat partiel ?+
Oui. Elle s’ajoute au capital repris et augmente la mensualité comme le coût total, sous le même plafond de TAEG de 8,56 %. Elle ne change pas le régime tant qu’aucun prêt immobilier n’entre dans l’opération.
Est-ce que mon prêt immobilier peut rester dans ma banque après un rachat partiel ?+
Oui, et c’est le cas courant. Le prêt conservé ne bouge pas : même contrat, même banque, même assurance. Le nouveau prêt peut être souscrit ailleurs et prélevé sur le compte de votre choix.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Banque de France · Seuils de l’usure applicables du 1ᵉʳ juillet au 30 septembre 2026 : crédit à la consommation 8,56 % au-delà de 6 000 €; crédit immobilier 4,07 % sous 10 ans, 4,57 % de 10 à 20 ans, 5,29 % à 20 ans et plus (17 août 2026)
- 2Légifrance · Code de la consommation : articles L.314-11 et R.314-18 (seuil de 60 % de part immobilière et composition du ratio), L.314-12 alinéa 2 (effet de la garantie hypothécaire), L.312-19 (rétractation de 14 jours), L.313-34 (réflexion de 10 jours) (17 août 2026)
- 3Légifrance · Articles R.314-19 et R.314-20 du code de la consommation : document d’information comparant les crédits en cours au regroupement proposé, et mention du gain ou du surcoût (10 août 2026)
- 4Légifrance · Article L.312-34 du code de la consommation, indemnité de remboursement anticipé en crédit à la consommation, 1 % au-delà de 10 000 € sur douze mois glissants; article R.313-25, indemnité en crédit immobilier plafonnée à un semestre d’intérêts et à 3 % du capital restant dû; article L.519-6 du code monétaire et financier : aucune somme perçue avant le versement effectif des fonds (10 août 2026)
- 5Empruntis · Taux relevés en juillet 2026 : 4,38 % sur un rachat de crédit immobilier, 6,26 % sur un rachat de crédits à la consommation (17 août 2026)
- 6Banque de France · Crédits aux particuliers, juin 2026, taux effectifs moyens : habitat 3,17 %, habitat à taux fixe 3,13 %, consommation amortissable 6,27 % (31 août 2026)
- 7Cetelem, CAFPI, Sofinco · Pages produit de rachat et de regroupement de crédits : minimum de deux crédits en cours exigé, ou un crédit et une dette (13 août 2026)
- 8BNP Paribas, LCL, Caisse d’Épargne, Cofidis, Sofinco · Pages produit de regroupement de crédits, montants maximaux : 75 000 € chez BNP Paribas, LCL et la Caisse d’Épargne, 80 000 € chez Cofidis, 100 000 € chez Sofinco (10 août 2026)
- 9Calcul Reductis · Dossier type de 146 000 € : prêt immobilier de 118 000 € à 1,25 % sur 192 échéances et trois crédits à la consommation de 28 000 €; trois trajectoires chiffrées, ratio des 60 % calculé selon R.314-18 (18 août 2026)