Les chiffres publiés, et ce que chacun mesure
Un bilan annuel détaillé et un relevé mensuel, qui ne répondent pas à la même question.
Le bilan annuel — la Banque de France l’appelle la typologie du surendettement — décrit qui dépose, avec quelles dettes et quels revenus. Le relevé mensuel, lui, ne compte que les dépôts, et sert à voir la tendance en cours d’année.
Le dernier bilan annuel, chiffre par chiffre+
| Ce que le bilan mesure | Valeur relevée |
|---|---|
| Dossiers déposés dans l’année | 148 013 |
| Évolution sur un an | + 9,8 % |
| Dossiers déclarés recevables | 142 670 |
| Ménages vivant sous le seuil de pauvreté | 62 % |
| Personnes vivant seules | 52 % |
| Revenu médian des ménages concernés | 1 206 € |
| Dettes effacées dans l’année | 1,3 milliard d’euros |
Sur l’année en cours, le relevé mensuel du mois de juin donne une hausse de 12,3 % des dépôts sur le premier semestre. La Banque de France précise que les écarts d’un mois sur l’autre s’expliquent en partie par le nombre de jours ouvrés, ce qui rend le cumul semestriel plus fiable qu’une comparaison mois par mois.
Calcul à 6,26 %, taux relevé par Empruntis en juillet 2026 sur un regroupement de crédits à la consommation. Hors assurance et frais de dossier.
Exemple : ce qu’un revenu de 1 206 € permet d’emprunter
Le calcul appliqué au revenu médian des ménages concernés, avec la limite que les prêteurs appliquent réellement.
Les prêteurs regardent deux choses dans cet ordre. D’abord la part du revenu absorbée par les remboursements, qu’ils plafonnent en général à trente-cinq pour cent. Ensuite ce qui reste pour vivre une fois les mensualités payées, et là ils appliquent un montant minimum par personne du foyer.
Le calcul sur le revenu médian relevé+
| Revenu mensuel retenu | 1 206 € |
| Part maximale admise pour les remboursements | 35 % |
| Mensualité maximale théorique | 422,10 € |
| Ce qui resterait pour vivre | 783,90 € |
| Somme empruntable sur dix ans | environ 37 500 € |
Le premier critère passe : 422,10 € de mensualité sur 1 206 € de revenu, c’est exactement la limite admise. Le second ne passe pas. 783,90 € pour vivre suffisent tout juste à une personne seule dans certaines grilles, et ne suffisent à aucune dès qu’il y a un enfant.
Voilà la conclusion, et elle est désagréable à écrire pour un site qui présente le regroupement de crédits : pour la majorité des ménages décrits par ces chiffres, un regroupement n’est pas accessible. Ce n’est pas une question de dossier mal présenté, c’est une question d’arithmétique.
Un regroupement se joue AVANT l’accumulation des incidents. Tant que les mensualités sont payées, même difficilement, et que les revenus sont réguliers, l’opération est possible et utile. Après plusieurs impayés, un fichage à la Banque de France, ou quand les remboursements dépassent la moitié du revenu, ce n’est plus le bon outil — et insister coûte du temps qui manque ailleurs.
Ce que la procédure fait, et que le regroupement ne fait pas
Elle peut réduire ou effacer ce qui est dû, ce qu’aucun crédit ne peut faire.
C’est la différence de fond, et elle explique pourquoi les deux chemins ne sont pas interchangeables. Un regroupement de crédits réaménage une dette : il la rassemble, l’étale, et en baisse la mensualité. Le montant dû, lui, ne diminue jamais — il augmente même, puisqu’on paie des intérêts plus longtemps.
La procédure de surendettement, elle, peut réduire le montant dû, suspendre les poursuites, et dans les situations les plus dégradées effacer les dettes. Le dernier bilan annuel fait état de 1,3 milliard d’euros de dettes effacées en une année.
Elle a un prix, qui n’est pas financier : l’inscription au fichier des incidents de remboursement pendant plusieurs années, et la perte de l’accès au crédit pendant ce temps. C’est un choix lourd, et il se prépare — nous en détaillons les étapes dans notre page sur le dossier de surendettement.
Comment savoir de quel côté de la frontière on se trouve
Trois vérifications suffisent, et elles se font sans aucun interlocuteur.
- 1La part de vos revenus déjà engagée additionnez toutes vos mensualités de crédit et divisez par vos revenus nets mensuels. Au-delà de la moitié, un regroupement est très difficile à obtenir.
- 2Ce qui vous reste pour vivre retirez les mensualités, le loyer ou la mensualité du logement, et les charges fixes de vos revenus. C’est ce nombre que le prêteur regarde en second, et c’est celui qui décide.
- 3Les incidents enregistrés un impayé non régularisé pendant plus de deux mois est signalé à la Banque de France. Vous pouvez demander à consulter ce qui est inscrit à votre nom, gratuitement, dans n’importe quelle succursale.
Si les trois vérifications passent, le regroupement est la piste à travailler. Si la deuxième ne passe pas, aucune présentation de dossier n’y changera rien, et le temps est mieux employé à préparer l’autre chemin.
L’inscription ferme des portes, elle ne les ferme pas toutes, et tout dépend de ce que vous mettez en face. Faites regarder votre cas.
Questions fréquentes
La hausse des dépôts signifie-t-elle que les refus de crédit augmentent ?+
Les deux séries sont distinctes et la Banque de France ne les relie pas. Ce que le bilan annuel montre, c’est que la part des ménages concernés vivant sous le seuil de pauvreté a encore progressé : la dégradation porte sur les budgets les plus modestes, davantage que sur l’ensemble des emprunteurs.
Peut-on demander un regroupement de crédits pendant une procédure de surendettement ?+
Pendant le déroulement de la procédure, non : les dettes sont gelées et aucun nouveau crédit ne peut être souscrit. Après, oui, mais l’inscription au fichier des incidents reste visible pendant la durée du plan, et très peu d’établissements étudient un dossier dans cette situation.
Le dépôt d’un dossier est-il payant ?+
Non. Le dépôt, l’instruction et le suivi sont gratuits, et aucun intermédiaire n’a besoin d’intervenir. Un organisme qui réclame des honoraires pour constituer un dossier de surendettement vend un service que la Banque de France rend gratuitement.
Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.
Nos sources
- 1Banque de France — Typologie du surendettement des ménages, bilan de l’année 2025, publié le 17 février 2026 (16 septembre 2026)
- 2Banque de France — Baromètre mensuel de l’inclusion financière n° 63, juin 2026, publié le 15 juillet 2026 (16 septembre 2026)
- 3Banque de France — Crédits aux particuliers, juillet 2026 : taux moyen des crédits à la consommation amortissables (16 septembre 2026)