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Rachat de crédit en CDD : l’ancienneté et le terme du contrat que les prêteurs regardent

Un CDD porte une date de fin, et c’est cette date qui décide de la lecture du dossier. Ce qu’un prêteur mesure sur un CDD, ce n’est pas le contrat en cours mais l’ancienneté déjà accumulée et la probabilité qu’un revenu suive. Cette page détaille l’ancienneté attendue, l’effet des renouvellements, le cas de la période d’essai et le coût réel de l’opération. Le travail temporaire obéit à d’autres règles : il est traité sur la page consacrée au rachat de crédit d’un intérimaire.

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rédigé et vérifié par notre équipe éditoriale
Vérifiée le 31 août 2026 Mis à jour le 16 septembre 2026 13 min de lecture
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L'essentiel en 5 points
  • Le CDD cesse de plein droit à l’échéance de son terme (article L.1243-5 du code du travail) : le prêteur ne peut pas présumer la suite, il regarde donc l’ancienneté déjà acquise. Le cadre commun à ces situations est posé par profil rachat de crédit.
  • Un CDD dure au maximum 18 mois, renouvellements compris, dans le cas général (article L.1242-8-1 du code du travail), avec des durées de 9 à 24 mois selon le motif.
  • L’ancienneté acquise en CDD est reprise si le contrat se poursuit en CDI, et la durée du CDD est déduite de la période d’essai (article L.1243-11).
  • France Travail a remplacé Pôle emploi le 1ᵉʳ janvier 2024. Loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi.
  • L’assurance perte d’emploi vise le licenciement. Une fin de CDD arrivée à son terme n’est pas un licenciement et n’ouvre pas la garantie.

Combien d’ancienneté faut-il en CDD pour obtenir un rachat de crédit ?

Aucun texte ne fixe de seuil. Les prêteurs regardent l’ancienneté déjà travaillée, la durée restante du contrat et l’historique des renouvellements.

Aucune loi n’interdit un rachat de crédit à un salarié en CDD, et aucune ne fixe d’ancienneté minimale. Le seuil est une règle interne à chaque établissement. Ce que toutes les grilles examinent, en revanche, tient en trois éléments. D’abord l’ancienneté déjà travaillée chez le même employeur ou dans la même branche, puis la durée qui reste à courir sur le contrat, enfin le fait que des contrats aient déjà été renouvelés.

Le point de droit qui pèse le plus est simple : le contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance de son terme (article L.1243-5 du code du travail). Un prêteur ne peut donc pas présumer la suite. Il compense en regardant ce qui précède.

12 à 24 mois
d’ancienneté demandés selon les grilles
18 mois
durée maximale d’un CDD, renouvellements compris, dans le cas général
35 %
de taux d’endettement maximal, assurance comprise

La durée maximale de dix-huit mois vient de l’article L.1242-8-1 du code du travail ; elle descend à neuf mois ou monte à vingt-quatre selon le motif du recours, et un accord de branche étendu peut en décider autrement. Le repère de 35 % vient de la décision n° D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière et ne dépend pas du type de contrat.

Un renouvellement joue en faveur du dossier

Un CDD peut être renouvelé deux fois dans la limite de la durée maximale (article L.1243-13 du code du travail). Un salarié dont le contrat a déjà été renouvelé une fois présente un historique plus lisible qu’un salarié en premier contrat : l’employeur a manifesté deux fois son intention de le garder. Les avenants de renouvellement se joignent au dossier.

Les 5 pièces qui prouvent l’ancienneté d’un salarié en CDD

Contrat et avenants, bulletins, attestation d’employeur, relevés de compte, avis d’imposition.

Le contrat en cours ne suffit pas : c’est la suite des contrats qui fait le dossier. Cinq pièces établissent l’ancienneté, et elles se réunissent en quelques jours.

  • 1Le contrat de travail en cours et ses avenants de renouvellement — ils donnent le terme et l’historique.
  • 2Douze bulletins de paie consécutifs, la pièce la plus regardée.
  • 3Une attestation d’employeur précisant la date d’entrée et, s’il y a lieu, une intention d’embauche en CDI.
  • 4Les relevés de compte des trois derniers mois : le prêteur y vérifie l’absence d’incident et le reste à vivre.
  • 5Les deux derniers avis d’imposition, qui lissent l’année.

Une promesse d’embauche en CDI, même non signée, change nettement la lecture d’un dossier : elle se joint systématiquement lorsqu’elle existe.

Ce que le passage d’un CDD à un CDI change dans le dossier

L’ancienneté acquise en CDD est reprise, et la période d’essai est réduite d’autant.

Lorsqu’un CDD se poursuit en CDI chez le même employeur, l’ancienneté acquise pendant le CDD est reprise et la durée du CDD est déduite de la période d’essai (article L.1243-11 du code du travail). Le salarié n’est donc pas ramené à zéro le jour de la signature, et c’est un argument à porter au dossier.

Dans cette configuration, l’indemnité de fin de contrat n’est pas due : l’article L.1243-10 du code du travail l’écarte lorsque la relation de travail se poursuit en contrat à durée indéterminée. Le revenu affiché baisse donc sur le bulletin au moment même où la sécurité du dossier augmente — cela se dit dans la lettre d’accompagnement, sans quoi le prêteur ne lira qu’une perte de revenu.

Votre situation en une phrase
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Calcul à 6,26 %, taux relevé par Empruntis en juillet 2026 sur un regroupement de crédits à la consommation. Hors assurance et frais de dossier.

Les allocations France Travail comptent en complément d’un revenu, pas à la place

Une allocation est par nature un revenu à durée déterminée : elle est retenue en appoint d’un revenu principal, rarement comme seule ressource du dossier.

La question est posée dans presque tous les dossiers, et la réponse honnête tient en une phrase : une allocation ne remplace pas un revenu d’activité aux yeux d’un prêteur, parce qu’elle a une date de fin connue.

Deux éléments comptent alors, et ils se documentent : la durée de droits restants au jour du dépôt, et le montant net versé chaque mois. Les deux figurent sur l’attestation de paiement délivrée par France Travail.

Pôle emploi s’appelle France Travail depuis le 1ᵉʳ janvier 2024

Le changement de nom résulte de la loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi.

Le détail a son importance quand on constitue un dossier : les justificatifs demandés portent aujourd’hui cette dénomination, et les attestations éditées avant 2024 restent valables sous l’ancien nom.

La durée de droits restants se lit sur l’attestation de paiement

Un dossier déposé avec six mois de droits restants ne se lit pas comme un dossier déposé avec deux ans devant soi.

Joindre cette attestation évite une question et une relance. Quand l’allocation devient la seule ressource du foyer, un rachat de crédit quand on est sans emploi se joue sur la durée de droits restants et sur la présence d’un co-emprunteur en poste. Ces deux éléments se documentent le jour du dépôt.

L’assurance perte d’emploi protège la mensualité, pas l’emploi

Cette garantie facultative prend en charge tout ou partie de l’échéance après un licenciement, et elle se souscrit au moment du regroupement, jamais après le coup dur.

Le sujet est absent de la plupart des pages consacrées aux contrats courts, alors qu’il concerne d’abord ce lecteur. Trois choses sont à savoir avant de cocher la case.

Elle se souscrit à la signature

Une garantie perte d’emploi s’ajoute au contrat d’assurance emprunteur au moment du regroupement, pas au moment du licenciement.

Elle couvre l’échéance, pas le salaire

La prise en charge porte sur tout ou partie de la mensualité, pendant une durée limitée fixée au contrat.

Le seul document qui fait foi est la notice

Conditions, délais et exclusions varient d’un contrat à l’autre : la notice d’information les liste, article par article.

Le coût s’ajoute à celui de l’assurance décès-invalidité et se lit dans le TAEG. Les garanties d’assurance emprunteur en rachat de crédits se souscrivent ligne par ligne, et chacune se garde ou se refuse au moment de signer l’offre.

Carence et franchise : deux délais qui ne se déclenchent pas au même moment

La carence court après la souscription et suspend la garantie ; la franchise court après la perte d’emploi et retarde le premier versement.

La confusion entre les deux coûte cher. La carence se compte à partir de la signature : pendant cette période, la garantie n’a pas encore d’effet. La franchise se compte à partir du jour où l’on perd son emploi : elle diffère le premier versement.

Perdre son emploi peu après la signature ne déclenche donc généralement rien. Les durées exactes sont propres à chaque contrat et figurent dans la notice d’information.

La fin d’un CDD n’est pas un licenciement, et c’est le licenciement qui est couvert

Un contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance du terme, en application de l’article L.1243-5 du code du travail.

Combien vont vous coûter les frais ?

Frais de dossier, garantie, courtage : le total avant de signer. Et rien ne peut vous être demandé avant que les fonds soient versés.

Voilà le point qui manque au marché, et il est décisif pour ce lecteur. Une garantie perte d’emploi vise la perte d’emploi consécutive à un licenciement. Or l’article L.1243-5 du code du travail dispose que le contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance de son terme.

Une garantie souscrite pour rien coûte tous les mois

Fin de CDD, fin de mission d’intérim, démission, rupture de période d’essai : ces situations ne sont pas des licenciements. Avant de souscrire, lisez la liste des exclusions de la notice et vérifiez que votre situation y figure ou non.

Période d’essai : attendre la confirmation écrite avant de déposer un dossier

Pendant l’essai, employeur et salarié peuvent rompre le contrat sans motif : deux à quatre mois de patience valent mieux qu’un refus enregistré.

L’article L.1221-19 du code du travail fixe la durée maximale de la période d’essai d’un contrat à durée indéterminée. Elle est de deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre mois pour les cadres.

Le geste utile est simple et il ne coûte rien : demander la confirmation écrite de fin de période d’essai, puis déposer. Un rachat de crédit en période d’essai n’est interdit par aucun texte, mais il s’examine sans cette pièce : deux à quatre mois d’attente valent mieux qu’un dossier déposé fragile.

Combien coûte un regroupement de crédits en CDD ?

Un profil jugé plus risqué se paie par un taux plus élevé, mais le TAEG reste plafonné par le seuil de l’usure du trimestre.

Sur 14 600 € repris en 84 mois, la mensualité va de 222,83 € au taux moyen du marché à 237,62 € au plafond légal, assurance comprise.

Voir le calcul complet, du taux moyen au plafond de l’usure+

Le calcul en clair

Hypothèses. 14 600 € de crédits repris, frais de dossier de 1 % financés dans l’opération, durée de 84 mois, assurance à 0,30 % par an du capital initial. Mensualités constantes, taux mensuel proportionnel.

Au taux moyen du marché, soit 6,27 % relevé par la Banque de France sur la consommation amortissable en juin 2026 : mensualité de 222,83 € assurance comprise, coût total de 18 718,06 €.

Au plafond légal, soit 8,56 % pour le 3ᵉ trimestre 2026 : mensualité de 237,62 € assurance comprise, coût total de 19 960,08 €.

14,79 €
d’écart de mensualité entre le taux moyen et le plafond légal
1 242,02 €
d’écart de coût total sur 84 mois, à capital identique
2,03 points
la marge de négociation qui reste ouverte

Cet écart est la fourchette réelle de discussion. Il se réduit avec un co-emprunteur en poste, des relevés sans incident, ou une durée ajustée au juste besoin.

Le TAEG ne peut pas dépasser le plafond d’usure du trimestre, quel que soit le contrat

8,56 % sur un crédit à la consommation de plus de 6 000 € au 3ᵉ trimestre 2026 : au-delà, l’offre est illicite.

C’est une protection que personne n’explique à ce lecteur. Le seuil de l’usure se calcule à partir du taux effectif moyen du trimestre précédent, majoré d’un tiers, en application de l’article L.314-6 du code de la consommation. Les le baromètre des taux de rachat de crédit se lisent donc toujours sous ce plafond, révisé chaque trimestre.

Allonger la durée baisse la mensualité et augmente le coût total

C’est le seul moyen qui agit immédiatement sur l’échéance, et le seul dont le prix se lit uniquement sur le montant total dû.

Sur un contrat court, la tentation d’allonger est forte, parce que le reste à vivre est serré. La règle de lecture reste la même : comparer le gain mensuel au surcoût total avant de signer, et non après.

Quand aucun prêteur n’instruit la demande : report d’échéance, délai de grâce, surendettement ?

Trois voies existent hors du crédit : demander un report à ses prêteurs, saisir le juge d’un délai de grâce, ou déposer un dossier de surendettement.

  • 1Le report d’échéance — se demande par écrit à chaque prêteur, avant le premier impayé.
  • 2Le délai de grâce — le juge peut reporter ou échelonner le paiement dans la limite de deux années, en application de l’article 1343-5 du code civil.
  • 3Le dossier de surendettement — dépôt gratuit, recevabilité décidée dans un délai de trois mois.

Ces démarches sont détaillées sur la page dépôt d’un dossier de surendettement. Aucune d’elles n’est payante, et aucune ne passe par un intermédiaire.

Les autres profils, et ce qui change pour eux

Un prêteur ne lit pas deux dossiers de la même façon selon le statut, l’âge ou la situation professionnelle. Les pages ci-dessous traitent les profils voisins du vôtre.

Un revenu modeste n’interdit rien d’avance

C’est le reste à vivre qui décide, pas le salaire brut. Faites calculer le vôtre avant de conclure.

Questions fréquentes

Un CDD de six mois peut-il suffire ?+

Rarement à lui seul, souvent avec un historique. Un premier CDD isolé donne peu de visibilité ; une succession de contrats chez le même employeur, avec des renouvellements documentés, se lit tout autrement. Le co-emprunteur en poste reste le moyen le plus efficace.

L’assurance perte d’emploi est-elle obligatoire ?+

Non, c’est une garantie facultative de l’assurance emprunteur. Elle s’ajoute au coût de l’opération et se lit dans le TAEG. Avant de la souscrire, vérifiez dans la notice d’information que votre situation ne figure pas parmi les exclusions.

La rupture conventionnelle est-elle couverte par une garantie perte d’emploi ?+

Cela dépend du contrat, et la notice d’information est le seul document qui fait foi. Ces garanties visent en principe la perte d’emploi consécutive à un licenciement. Lisez la liste des exclusions avant de signer, et demandez-la par écrit si elle ne vous a pas été remise.

Peut-on emprunter avec l’allocation chômage comme seul revenu ?+

C’est très rare, parce qu’une allocation a une date de fin connue. Trois voies restent ouvertes : présenter un co-emprunteur en poste, proposer une garantie prise sur un bien si l’on est propriétaire, ou passer par un dispositif hors crédit comme le délai de grâce.

Un CDD et une mission d’intérim se traitent-ils de la même façon ?+

Non. Un CDD lie le salarié à l’employeur et porte une date de fin. Une mission d’intérim lie le salarié à une agence, se compte en missions successives et ouvre droit à une indemnité de fin de mission de 10 % (article L.1251-32 du code du travail). L’ancienneté ne se mesure donc pas pareil. Le cas du travail temporaire est traité en détail sur la page consacrée au rachat de crédit en intérim.

Qui écrit cette page

Reductis ne prête pas, ne perçoit aucune somme de la part du visiteur, et met en relation avec des établissements et des courtiers ; le site est rémunéré par ses partenaires. Les calculs de cette page sont reproductibles à partir des hypothèses affichées. Cette page n’est pas un conseil personnalisé.

Nos sources

  1. 1Légifrance — Article L.1243-5 du code du travail — le contrat à durée déterminée cesse de plein droit à l’échéance de son terme (19 août 2026)
  2. 2Légifrance — Loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi — transformation de Pôle emploi en France Travail au 1ᵉʳ janvier 2024 (19 août 2026)
  3. 3Légifrance — Article L.1221-19 du code du travail — période d’essai d’un contrat à durée indéterminée : 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres (19 août 2026)
  4. 4Banque de France — Taux effectifs moyens des crédits aux particuliers, juin 2026 — 6,27 % sur la consommation amortissable ; seuils de l’usure du 3ᵉ trimestre 2026 — 8,56 % au-delà de 6 000 € (31 août 2026)
  5. 5Légifrance — Article L.314-6 du code de la consommation — définition du seuil de l’usure ; article 1343-5 du code civil — délai de grâce accordé par le juge, dans la limite de deux années (17 août 2026)
  6. 6Banque de France — Détail de la procédure de surendettement — dépôt du dossier en ligne ou par courrier, secrétariat de la commission assuré par la Banque de France, recevabilité décidée dans un délai de trois mois (15 août 2026)
  7. 7Reductis — Calcul publié sur cette page — mensualités constantes selon m = C × t ÷ (1 − (1+t)^−n), taux mensuel proportionnel, assurance à 0,30 % par an du capital initial, frais de dossier de 1 % financés dans l’opération, hypothèses affichées avant le résultat (19 août 2026)
  8. 8Légifrance — Article L.1242-8-1 du code du travail — durée maximale du contrat à durée déterminée, renouvellements compris (1ᵉʳ septembre 2026)
  9. 9Légifrance — Article L.1243-11 du code du travail — poursuite en contrat à durée indéterminée : reprise de l’ancienneté et déduction de la période d’essai (1ᵉʳ septembre 2026)
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